Samedi 4 octobre 2008
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Juste un petit mot à tous ceux et celles qui viennent - régulièrement ou non - visiter mon blog, lire mes (longs) articles et laissent, ou non, des messages toujours très gentils. Je vous rassure
de suite, je n'arrête pas mon blog, loin de là. J'aime trop ces échanges - virtuels ou réels - avec vous tous pour abandonner ce lieu de rencontre merveilleux. Non. Je change d'hébergeur, tout
simplement. Je continue ailleurs à déposer mes articles, mes photos, mes créations, dans un endroit plus personnel, plus à mon image et plus facile à modifier pour moi qui suis nulle en
informatique.
Désormais, vous me retrouverez ici. Mon nouveau blog a toujours le même titre et vous y lirez les articles des livres lus, vous y verrez
les photos prises au hasard de mes voyages et rencontres.
Par Nanne
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Publié dans : Notes personnelles
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Jeudi 2 octobre 2008
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Poste restante : Alger - Boualem Sansal
(Folio n° 4702)
Il arrive parfois que les intellectuels - politiquement engagés ou pas - soient exaspérés envers leurs compatriotes. Généralement, ils le font savoir d'une manière où d'une autre. Cela
prend alors la forme d'un article plus ou moins virulent, d'un pamphlet à l'humour acéré ou d'un livre, voire d'un exil dans les cas extrêmes. Boualem Sansal, quant à lui, a décidé d'écrire une longue
lettre à ses semblables, citoyens algériens, à ses frères et soeurs de coeur, à ses amis et aux autres, sur ce qui les lie, les divise, les différencie, les rassemble, sur leur histoire, leur
religion, en un mot sur leur pays : l'Algérie.
Mais que reste-t-il aujourd'hui de l'Algérie, de son passé fastueux, riche de tous ses métissages, de ses confluences culturelles ? Evoquer ce pays aujourd'hui, c'est rappeler la peur, la
terreur, la fuite en avant. "[...] elle est là, au coeur du monde, c'est un grand et beau pay, riche de tout et de trop, et son histoire à de quoi donner à réfléchir : mille peuples l'ont
habitée et autant de langues et de coutumes, elle a bu aux trois religions et fréquenté de grandes civilisations, la numide, la judaïque, la carthaginoise, la romaine, la byzantine, l'arabe,
l'ottomane, la française [...]".
Pourtant, au départ, tout allait dans le bon sens, celui de la bonne marche vers la démocratie et le droit, vers l'ouverture. Le rêve devenait - presque -, une belle et solide réalité et non
plus
seulement un voeu pieux. Renverser la dictature du FLN, oublier le parti unique et
potentat. Entrer de plein pied dans le giron des états de droit garant des libertés publiques et privées.
Au lieu de cela, tout le monde a confondu vitesse et précipitation. L'auteur qui croyait bien connaître ses
concitoyens, sur le bout des doigts, dans les moindres détails, leurs qualités et leurs défauts, ne les
pensait pas versatiles. Il ne pouvait les concevoir contradictoires. Lors du référendum du 29 mai 2005, 98 % des Algériens ont voté pour l'amnistie des terroristes. Et adieu les rêves de
République !!
Aux mille raisons du malaise qui ravagent l'Algérie, Boualem Sansal - un brin poil à gratter -, répond constantes nationales, dont l'amnistie des terroristes et de leur scommanditaires
fait partie intégrante. Et que trouve-t'on dans le panier de crabe des constantes nationales ? Tout d'abord la notion d'identité. Une vérité imparable : le peuple algérien serait arabe.
"Cela est vrai, mes frères, à condition de retirer du compte les Berbères (Kabyles, Chaoui, Mozabites, Touaregs, etc ..., soit 80 % de la population) et les naturalisés de l'Histoire
(mozarabes, juiffs, pieds-noirs, Turcs, coulouglis, Africains ... soit 2 à 4 %). Les 16 à 18 % restants sont des arabes, personne ne le conteste". Sauf que les algériens ne sont pas que
cela. Ils rassemblent toutes les langues des peuples colonisés et celles des colonisés, et leurs racines culturelles proviennent du monde entier.
A ce
phénomène identitaire, se surajoute la question - délicate -, de la religion et de son emprise dans la société. En instituant l'islam religion d'Etat, l'Algérie impose une façon de
croire et réduit le spectre des autres confessions présentes dans le pays. Tout ce qui n'est pas musulman ne peut pas être. Aussi, pour tenter de sauver ce qui peut encore l'être, une seule
solution viable : la laïcité. Gage d'impartialité dans le droit de croire ou non, de pratiquer le culte de son choix, parce que la laïcité est mère de démocratie. Ne parlons même pas de la
langue. Sans doute devrait-on parler des langues officielles dans un pays en pleine balkanisation.
Et Boualem Sansal de prévenir le lecteur sur la place de l'Algérie dans le concert mondial. Malgré les discours lénifiants des hommes politiques sur le poids du pays dans l'économie
internationale, il n'y a pas d'illusions à avoir. Le pays se meurt à petit feu. "Il ne faut pas se leurrer, notre cher pays n'est plus ce qu'il était, ni ce que l'on nous en dit, il est
classé parmi les derniers : les Etats non libres, corrompus, bureaucratiques, désorganisés, instables, dangereux, infréquentables".
"Poste restante : Alger" est une longue missive d'un auteur amoureux passionné de son Algérie. Il essaie d'ouvrir les yeux de ses compatriotes, de leur déciller l'esprit sur la situation
de l'Algérie. C'est un pamphlet politique et social qui mêle
subtilement ironie
mordante et rappel de l'histoire de l'Algérie. Telle une Cassandre du 21ème Siècle, Boualem Sansal n'a de cesse de prévenir sur un avenir qu'il pressent pessimiste, coincé que
se situe le pays entre intégrisme religieux, chômage endémique, bureaucratie omnipotente et société de passe-droit. Même si l'on sourit devant les travers vus par le petit bout de la lorgnette,
on ne peut s'empêcher d'avoir peur pour les intellectuels algériens souvent mis à mal par les réactionnaires de tous bords, pour la majorité des habitants obligés de se plier aux lois d'une
minorité qui terrorise et impose leur vision de la société. C'est engagé, c'est réaliste et c'est à lire pour mieux comprendre ce qui se passe pas si loin de chez nous, juste de l'autre côté de
la Méditerrannée.
Par Nanne
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Publié dans : Histoire, Politique, Société
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Lundi 29 septembre 2008
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Après une pluie d'été
De petites flaques dans le parc reflètent
Le ciel de nouveau bleu
Ettore José Palmero
Par Nanne
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Publié dans : Des mots ... en image
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Dimanche 28 septembre 2008
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Laissées-pour-compte - Robert Bober
(Folio n° 4561)
"C'était il n'y a pas très longtemps. Mais c'était il y a bien trente ans. Plus peut-être. Oui, en y pensant cela devait faire un peu plus. Mais à peine puisque c'était dans un
temps dont certains se souviennent encore. C'est d'ailleurs par eux que nous est parvenue l'histoire de "Prince de Galles", "Grain de poudre" et "Velours de laine"".
Bienvenue dans l'atelier de M. Albert, rue de Turenne dans le IIIème arrondissement de Paris. Ces trois vestes et les autres confectionnées dans l'atelier doivent leur nom de baptême à
Madame Léa - la femme de M. Albert -, qui se charge de nommer chaque vêtement de chaque collection. Et en cette année 1949, la nouvelle collection portera les noms des chansons préférées de
Madame Léa.
Seulement, comme chaque année, il arrivait dans la collection que des vestes ne soient jamais vendues, parce que non commandées par les revendeurs. Elles restaient ainsi, accrochées à
leur
patère et finissaient leur existence de vestes dans la remise. C'est le cas de nos vestes
qui n'attirent pas les regards des clientes. Mais ces trois vestes abandonnées sur leur portant à leur
triste sort d'invendues ont un don. Elles se souviennent. Certes, elles ne seront sans doute jamais des modèles convoités. Soit. Mais elles seront dotées d'une voix intérieure leur permettant de
se parler, d'échanger et - surtout -, de raconter. ""Prince de Galles", "Grain de poudre" et "Velours de laine" allaient donc débuter dans la vie parlée. Jusque-là, installées dans leur
isolement, devenues presque invisibles puisque pesonne ne s'avisait plus de leur présence, elles observaient l'atelier. Des sons leur parvenaient, mais d'où venaient-ils".
Première étape dans leur nouvelle vie : la transformation de l'amertume d'être laissées-pour-compte en un privilège. Car, que deviennent les vestes quittant le confort de
l'atelier ? Elles partaient vers une autre vie, inconnue, dans un endroit que tout le monde à l'atelier nommait la rue, la ville et dont aucune ne revenait. Comme elles sont
attentives au moindre mot, à la moindre discussion, elles enregistrent toutes les expressions utilisées dans l'ateleir de M. Albert. Paroles d'hier et d'aujourd'hui, d'espoirs, de sentiments et
d'existence. Et ces trois vestes, très perspicaces, sont intimement persuadées qu'elles sont désignées pour transmettre l'histoire de ceux qui leur avaient donné la vie. "Elles écoutèrent les
histoires qui tenaient compagnie : des histoires de guerre et des recettes de cuisine, des histoires de bal du dimanche et des histoires de ciel bleu et du temps qu'il faisait. Des histoires de
mariage, de photographies de vacances à Berck-plage, des histoires de grève et de carnets scolaires et de prix des légumes et la couleur des voitures et celles de l'arc-en-ciel et l'histoire du
lapin sortant d'un chapeau".
Avec l'arrivée de la morte-saison, nos trois vestes connaîtrons les affres de l'émigration
et seront emportées par le tourbillon des soldes estivales. Une occasion, pour elles, de partir enfin à la
découverte de la ville et de la rue, d'une vie nouvelle et pleine de péripéties, ailleurs qu'à l'atelier. Une vraie vie de veste. Une chance pour elles d'apprendre le monde et se qui
se vit à l'extérieur.
Nos trois vestes de "Laissées-pour-compte" de Robert Bober sont aussi vivantes que des personnages de roman. Elles éprouvent des sentiments humains au travers de leurs aventures et de
leurs découvertes tels que la joie, la peine, la peur, le plaisir, l'angoisse, l'émotion ou encore la mélancolie. Si elles jouent sur la gamme des sentiments, il n'y a pas que cela dans ce joli
roman. Au détour d'une page, d'un paragraphe, on retrouve le décor des music-hall d'avant et d'après-guerre, avec les vedettes de l'époque et leurs airs à la mode. Sans vraiment le vouloir, on se
revit l'atmosphère de Bobino, de l'Alhambra, de l'ABC ou du Bataclan.
On se promène sur les scènes de théâtres parisiennes comme La Renaissance, Le Gymnase, Les Nouveautés ou
encore Les Variétés. On passe du registre de Sacha Guitry à celui d'Anton Tchékhov. On assiste à
des projections de vieux films dans de non moins vieux cinémas parisiens aux noms surrannés et mythiques, le Max-Lynder, le Rex, l'Astor, le
Gaumont-Théâtre.
"Laissées-pour-compte" est un livre rafraîchissant, gai, coloré et optimiste alors qu'il raconte des histoires que l'on subodore difficiles, dures, éprouvantes pour la plupart des personnes
humaines du roman. Tout n'est que supposé, instillé sans jamais être clairement affirmé. C'est un roman rempli d'humanité, de chaleur et de souvenirs émouvants. Et on se prend à fredonner
quelques chansons entre les pages ...
Par Nanne
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Publié dans : Romans francophones
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Jeudi 25 septembre 2008
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"Il est sacré, le corps de l'amant, de l'amante, il est pur, jusque dans les fougues et les râles du désir
d'accomplissement.Il est notre secret, notre orgueil et notre bonheur. Bonheur fertile qui féconde tous nos autres instants de bonheur, tous nos autres élans vers le monde, vers les choses et les
êtres. Il est la stèle dressée tout le long du chemin, à chaque carrefour ; la stèle dont le texte se renouvelle sans cesse et dont on ne se lasse pas de recommencer la lecture, avec les doigts,
les lèvres, autant qu'avec les yeux".
Par Nanne
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Publié dans : Zoom sur / Extrait
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