Vendredi 10 novembre 2006
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A la veille des commémorations de l'Armistice du 11 novembre, j'ai eu envie de vous parler de deux écrivains, lus il y a longtemps, engagés dans la 1ère Guerre Mondiale. Un est de langue française : Henri Barbusse. L'autre est de langue allemande : Erich Maria Remarque.
Chacun de leur livre a été couronné par la critique, encensé par le public. "Le feu" d'Henri Barbusse recevra le prix Goncourt en 1916. "A l'Ouest rien de nouveau" d'Erich Maria Remarque se vendra à plus d'un million d'exemplaires à sa sortie, en 1929.
Ils ont en commun d'avoir connu les horreurs des tranchées et la camaraderie qui est son corollaire. Après la guerre, ils seront deux porte-parole de la Paix et de cette génération sacrifiée sur l'autel des intérêts politiques et financiers.
Erich Maria Remarque - Pacifiste et engagé
C'est avec "A l'Ouest rien de nouveau" qu'Erich Maria Remarque se fait connaître du grand public. Avec son roman il devient le porte-parole d'une génération meurtrie par la guerre et qui s'identifie dans le personnage de Paul Bäumer, jeune recrue de 19 ans. L'histoire, racontée à la 1ère personne et sur un ton flegmatique, contraste avec les récits officiels alors en cours.
Erich Maria Remarque est né en Basse-Saxe en 1898, de vieille souche française. A 18 ans, il s'engage dans l'armée allemande et se bat sur le front ouest. Blessé plusieurs fois et handicapé d'une main, il ne peut espérer la carrière de musicien à laquelle il se destinait. Après la guerre, il fera divers métiers, dont celui d'instituteur, de pilote d'essais automobile. Le journalisme sportif le mènera à sa carrière d'écrivain.
A sa sortie, "A l'Ouest rien de nouveau" se vendra à 1,2 millions d'exemplaires. Il sera qualifié de "meilleur roman jamais écrit sur la guerre". En 1933, les livres de Remarque sont brûlés par les nazis. Il est jugé trop pacifiste par le nouveau gouvernement en place. Déchu de la nationalité allemande en 1938 après avoir rejoint la Suisse en 1932 puis les Etats-Unis en 1939, il acquiert la nationalité américaine en 1947. Il décède en 1970, en Suisse.
Bien qu'ayant écrit d'autres ouvrages de qualité et reconnus par la critique, "A l'Ouest rien de nouveau" restera le roman de référence de cet écrivain allemand.
Quelques romans :
A l'Ouest rien de nouveau - 1929
Les camarades - 1937
Arc de Triomphe - 1946
Un temps pour vivre, un temps pour mourir - 1954
L'obélisque noire - 1956
Henri Barbusse
Le "Zola" des tranchées
C'est par le tambour du garde-champêtre qu'Henri Barbusse apprend la mobilisation générale d'août 1914. Il a alors 41 ans et, bien que réformé, il se porte volontaire. Il s'engage comme simple soldat et demande à être muté au front, malgré son âge. Atteint de dysenterie, il est évacué et commence à écrire "Le feu" à l'hôpital en 1916. Ce journal d'une escouade recevra le prix Goncourt en 1916, et fera beaucoup de bruit.
Il est parti à la guerre en croyant qu'elle était juste. Il en reviendra profondément
pacifiste. Gloire littéraire du parti communiste dès son adhésion en 1923, Henri Barbusse consacrera les années d'après-guerre au militantisme et la défense de la Paix.
Il accumule les créations de mouvements, de revues, de congrès contre le fascisme et les grandes causes de l'entre-deux-guerres. Dès 1917, il fonde l'ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants) avec Paul Vaillant-Couturier. En 1921, il participe à la campagne en faveur de Sacco et Venzetti. Il fonde, en 1928, la revue hebdomadaire "Monde". En 1933, il participe au "Congrès Européen contre le fascisme", dit "Congrès Amsterdam - Pleyel".
Condamné en 1930 par les Soviétiques qui ne le jugent pas assez communiste, Henri barbusse n'en continue pas moins son chemin. Il meurt en 1935 à Moscou.
Quelques romans :
L'enfer - 1908
Le feu - prix Goncourt 1916
Clarté - 1919
Manifeste aux intellectuels - 1927
Zola - 1932
Lettre d'Henri Barbusse à sa femme 1914 - 1917 - 1937
N.B. : un bel hommage à un auteur engagé dans la Grande Guerre
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