Vendredi 5 septembre 2008
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Après ma première participation au swap d'anjelica - L'Eternel féminin - qui m'avait beaucoup plus, j'attendais avec impatience un nouveau swap dont le thème me séduirait pour m'inscrire.
Et bien, c'est chose faite. Pour inaugurer la rentrée comme il se doit, je me suis inscrite au London Swap, organisé par Yspaddaden. C'est grâce aux blogs d'Antigone et de Yueyin en particulier que j'ai découvert
ce nouvel échange original.
Je remercie Yspaddaden pour cette belle idée de rentrée. Rendez-vous pour les nouvelles de ce swap autour du 20 octobre prochain, date des photos des colis reçus et articles des participantes.
Participantes, parce que nous ne sommes que des filles !!
Par Nanne
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Publié dans : Notes personnelles
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Mardi 2 septembre 2008
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Effroyables jardins - Michel Quint
(Folio n°3982)
"Plus que tout, j'ai détesté les augustes. Plus que l'huile de foie de morue, les bises aux vieilles parentes moustachues et le calcul
mental, plus que n'importe quelle torture d'enfance. A dire au plus près l'exact du sentiment, au temps de mon innocence, j'ai éprouvé devant ces hommes raccommodés à la ficelle, écarquillés de
céruse, ces grotesques, le vertueux effrois des puceaux croisant une prostituée peinte, selon l'idée imagée et sommaire que je m'en fais, ou la soudaine suée des rosières découvrant au parterre
fleuri un nain de jardin obscène, ithyphallique". Cette phobie du clown, cette névrose de l'auguste, c'est à son père - institeur - que le conteur la doit. Toutes les occasions étaient
bonnes pour troquer sa blouse grise de maître d'école contre celui d'amuseur de quartiers, de fêtes de Noël, d'anniversaires et autres réjouissances populaires.
Même sa mère revendiquait haut et fort son statut de femme de clown. Elle défendait cette place comme on arbore la médaille du Mérite Agricole ou la médaille du Combattant. Son
fils, lui, n'en pouvait plus de cette mascarade familiale. "Pour
moi, oui; le sacrifice existait, la sortie
obligatoire me pesait, il me faudrait encore ruser, me démarquer nettement des miens en ne leur adressant plus la parole tant que durerait le numéro, trahir". C'est le cousin Gaston, "Un
bon à rien dont ma mère plaignait le sort. Un James Cagney efflanqué, blond cranté [...]", qui
délivrera le jeune garçon de la malédiction de l'auguste, de l'ensorcellement du clown. Cet oncle qui lui révèlera un épisode inconnu, tout à la fois tragique et comique, datant des années
vert-de-gris et lumières plombées.
Les restrictions, l'humiliation et par-dessus tout les gens du coin qui tâchent de garder la tête haute malgré tout. Pour Gaston et son père, la résistance ils y sont entrés comme on va au bal du
samedi soir, pour passer un moment, pour s'amuser pour oublier la morosité du quotidien. Sauf que pour l'occupant, la résistance ne comptait pas pour du beurre. On ne rigolait pas avec les actes
de terrorisme. Le lendemain de leur exploit local, Gaston, son père, Henry et Emile - deux innocents - sont pris comme otages. "Et tu ne devineras pas : loi du 14 août donc et, comme les
copains de Paris à cause de Fabien, nous v'là otages à cause du transfo explosé ! Si fait ! Si dans trois jours les auteurs de l'attentat s'étaient pas livrés, on y passait. Pour de bon cette
fois ! ".
Les voilà fait comme des
rats. Pris dans la nasse, ou plutôt dans un trou de glaise aux parois glissantes. Comment tenter une évasion dans des conditions pareilles ? En plus, leur gardien Allemand, leur seul et unique surveillant avait le comportement d'un illuminé, d'un simple d'esprit. "Il nous regardait croupir, comme
ça, d'en haut, les mains aux genoux. Et tout d'un coup, tu sais pas, il nous a fait une grimace ! Une grosse, une de gosse, les yeux tout riboulés, et la bouche bouffée en cul de dindon ! On en
est restés comme deux ronds ! ". C'est grâce - ou à cause - de ce gardien atypique que le père, instituteur respecté, deviendra un auguste pour exorciser cette grande frayeur.
Avec "Effroyables jardins" Michel Quint rend un très bel hommage à son propre père, ancien résistant,
germanophile et germanophone et - par-delà - à tous
ceux et celles qui se sont engagés dans cette aventure
sans réellement mesurer les risques encourus. Entrés en résistance parfois en dilletantes, les personnages de ce court récit en ressortiront transformés et grandis, muris moralement. Une fois de
plus, on tombe sous le charme de l'écriture de Michel Quint, tout à la fois tendre, drôle, subtile et poétique.
Par Nanne
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Publié dans : Romans francophones
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Dimanche 31 août 2008
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Par Nanne
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Publié dans : Photos
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Vendredi 29 août 2008
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Le maître des âmes - Irène Némirovski
(Folio n°4477)
Nice, 1920. Dario Asfar, jeune médecin vit dans la grande précarité de l'époque. Lui qui avait cru
acquérir l'honneur en France, ne récoltait que la honte et le mépris de ses origines, mélange d'italien, de grec et de levantin. "Il se haïssait de ressembler à tous ces marchands de tapis,
de lorgnettes, de cartes postales obscènes qui trainaient déjà depuis la place Masséna jusqu'à la promenade des Anglais. Cette vie d'aventures, d'expédients, certes, c'était le lot de ceux qui
lui avait été destiné dès l'enfance, comme à eux, à cette racaille levantine, ses frères. N'était-il donc en rien différent d'eux ? Comme il leur ressemblait par les traits du visage, par
l'accent, par sa maigre échine, ses yeux brillants de loup".
Pour nourrir sa femme et son enfant, le docteur Asfar acceptera de procéder à un avortement clandestin sur la belle-fille de sa concierge russe - Elinor - une aventurière américaine.
Malgré tout, l'argent tarde à arriver pour le docteur Asfar qui se morfond sur sa situation de métèque, d'étranger, de refoulé. Il est êrsuadé que son destin est
celui d'un vaurien, d'un charlatan. Le docteur Dario Asfar se croit maudit, comme ses ancêtres, condamné à vagabonder tel le
Juif errant. En faisant appel à un ancien patient - Ange Martinelli - maître d'hôtel dans un palace de la Côte d'Azur, le docteur Asfar se voit recommander une certaine
clientèle qui paye mieux que ces exilés russes ou d'Europe Centrale échoués à Nice. Au lieu de l'éducation et du
savoir, le docteur Asfar ne rencontrera en France que le mépris. "Oui, vous tous, qui me méprisez, riches Français, heureux Français, ce que je voulais, c'était votre culture, votre morale,
vos vertus, tout ce qui est plus haut que moi, différent de moi, différent de la boue où je suis né !".
Mais la roue tournera et le docteur Asfar verra son avenir assuré lors de sa rencontre avec Philippe Wardes, richissime homme d'affaires. En le guérissant d'une pneumonie, le docteur
Asfar sait désormais que sa réussite sociale dépendra de ce patient capricieux, vivant aux bords de la folie. Il comprend vite que pour gagner beaucoup d'argent, une seule solution : manipuler
les âmes de personnes fragiles, les maintenir dans une dépendance permanente de sa méthode. Dévier la psychanalyse naissante. Oser devenir un imposteur pour une clientèle riche, bourrée de
remords et cherchant à se déculpabiliser. "Ah ! si j'osais ... Ce qu'il leur faut, c'est un confesseur, c'est quelqu'un pour
connaître leurs sales secrets, les écouter et les
renvoyer avec un te absolvo, leur permettre surtout de s'assouvir sans remords ... Les doper ! Voici ce qu'il faut, pensa-t-il [...]".
Sa méthode innovante, sa hâblerie, le conduira ves les sommets de la société. Treize ans après ses
débuts difficiles, le docteur Asfar est réputé. Il est en vogue, il coûte cher et ses patientes se l'arrachent. Il se grisera se cette réussite sociale, synonyme - pour lui - d'intégration. Il se
saoûlera de son ascension sociale en dépensant de l'argent, beaucoup d'argent. Cette course effrénée à la recherche de la prospérité l'entraînera sur des chemins dangereux.
Initialement paru dans Gringoire sous la forme de feuilleton, "Le maître des âmes" d'Irène Némirovski aborde un sujet prédominant dans la France des années 1930 : celui de
l'immigration d'Europe Centrale et Orientale, paria sur le continent européen et - bientôt - dans le monde entier.
Mais ce qui surprend surtout dans ce roman, c'est le peu d'ampathie que l'auteur trouve à son personnage. Elle en fait un être veule, lâche, traître, se plaignant en permanence de la précarité de sa situation. Fort avec les faibles, veule avec les
riches. Irène Némirovski ne trouve aucune excuse à ce misérable docteur Asfar. Il cumule toutes les tares sociales, même
s'il est un médecin doué, psychologue et qui perçoit très vite les besoins de ses patients. Au fil de cette lecture du "Maître des âmes", on en vient à détester le docteur Asfar, à lui
souhaiter le pire. Irène Némirovski nous dépeint une société mondaine mérisant et méprisable, qui fait et défait les fortunes et les carrières.
Par Nanne
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Publié dans : Romans francophones
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Mercredi 27 août 2008
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2008
20:24
Par Nanne
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Publié dans : Photos
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