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Du sang sur Vienne - Franck Tallis (ABC 2008)

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Les âmes grises - Philippe Claudel

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Je vous souhaite la bienvenue dans mon univers fait de livres et de photos, mes deux grandes passions. Il a été créé pour pouvoir partager, échanger et découvrir des auteurs, des oeuvres que l'on n'aurait peut-être pas eu l'idée de lire pour diverses raisons.

J'espère que vous prendrez plaisir à le visiter, comme je prends plaisir à le faire. Vous pouvez me laisser un petit message sans rapport avec le contenu de mon blog, signalant simplement votre passage ou pour dire un petit bonjour. Vous serez toujours les bienvenus.

Je vous dis à très bientôt, ici ou là ....


Dimanche 28 septembre 2008
Laissées-pour-compte - Robert Bober
(Folio n° 4561)


Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.net"C'était il n'y a pas très longtemps. Mais c'était il y a bien trente ans. Plus peut-être. Oui, en y pensant cela devait faire un peu plus. Mais à peine puisque c'était dans un temps dont certains se souviennent encore. C'est d'ailleurs par eux que nous est parvenue l'histoire de "Prince de Galles", "Grain de poudre" et "Velours de laine"".

Bienvenue dans l'atelier de M. Albert, rue de Turenne dans le IIIème arrondissement de Paris. Ces trois vestes et les autres confectionnées dans l'atelier doivent leur nom de baptême à Madame Léa - la femme de M. Albert -, qui se charge de nommer chaque vêtement de chaque collection. Et en cette année 1949, la nouvelle collection portera les noms des chansons préférées de Madame Léa.

Seulement, comme chaque année, il arrivait dans la collection que des vestes ne soient jamais vendues, parce que non commandées par les revendeurs. Elles restaient ainsi, accrochées à leur
Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.netpatère et finissaient leur existence de vestes dans la remise. C'est le cas de nos vestes qui n'attirent pas les regards des clientes. Mais ces trois vestes abandonnées sur leur portant à leur triste sort d'invendues ont un don. Elles se souviennent. Certes, elles ne seront sans doute jamais des modèles convoités. Soit. Mais elles seront dotées d'une voix intérieure leur permettant de se parler, d'échanger et - surtout -, de raconter. ""Prince de Galles", "Grain de poudre" et "Velours de laine" allaient donc débuter dans la vie parlée. Jusque-là, installées dans leur isolement, devenues presque invisibles puisque pesonne ne s'avisait plus de leur présence, elles observaient l'atelier. Des sons leur parvenaient, mais d'où venaient-ils".

Première étape dans leur nouvelle vie : la transformation de l'amertume d'être laissées-pour-compte en un privilège. Car, que deviennent les vestes quittant le confort de l'atelier ? Elles partaient vers une autre vie, inconnue, dans un endroit que tout le monde à l'atelier nommait la rue, la ville et dont aucune ne revenait. Comme elles sont attentives au moindre mot, à la moindre discussion, elles enregistrent toutes les expressions utilisées dans l'ateleir de M. Albert. Paroles d'hier et d'aujourd'hui, d'espoirs, de sentiments et d'existence. Et ces trois vestes, très perspicaces, sont intimement persuadées qu'elles sont désignées pour transmettre l'histoire de ceux qui leur avaient donné la vie. "Elles écoutèrent les histoires qui tenaient compagnie : des histoires de guerre et des recettes de cuisine, des histoires de bal du dimanche et des histoires de ciel bleu et du temps qu'il faisait. Des histoires de mariage, de photographies de vacances à Berck-plage, des histoires de grève et de carnets scolaires et de prix des légumes et la couleur des voitures et celles de l'arc-en-ciel et l'histoire du lapin sortant d'un chapeau".

Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.netAvec l'arrivée de la morte-saison, nos trois vestes connaîtrons les affres de l'émigration et seront emportées par le tourbillon des soldes estivales. Une occasion, pour elles, de partir enfin à la découverte de la ville et de la rue, d'une vie nouvelle et pleine de péripéties, ailleurs qu'à l'atelier. Une vraie vie de veste. Une chance pour elles d'apprendre le monde et se qui se vit à l'extérieur.

Nos trois vestes de "Laissées-pour-compte" de Robert Bober sont aussi vivantes que des personnages de roman. Elles éprouvent des sentiments humains au travers de leurs aventures et de leurs découvertes tels que la joie, la peine, la peur, le plaisir, l'angoisse, l'émotion ou encore la mélancolie. Si elles jouent sur la gamme des sentiments, il n'y a pas que cela dans ce joli roman. Au détour d'une page, d'un paragraphe, on retrouve le décor des music-hall d'avant et d'après-guerre, avec les vedettes de l'époque et leurs airs à la mode. Sans vraiment le vouloir, on se revit l'atmosphère de Bobino, de l'Alhambra, de l'ABC ou du Bataclan.
Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.net On se promène sur les scènes de théâtres parisiennes comme La Renaissance, Le Gymnase, Les Nouveautés ou encore Les Variétés. On passe du registre de Sacha Guitry à celui d'Anton Tchékhov. On assiste à des projections de vieux films dans de non moins vieux cinémas parisiens aux noms surrannés et mythiques, le Max-Lynder, le Rex, l'Astor, le Gaumont-Théâtre.

"Laissées-pour-compte" est un livre rafraîchissant, gai, coloré et optimiste alors qu'il raconte des
histoires que l'on subodore difficiles, dures, éprouvantes pour la plupart des personnes humaines du roman. Tout n'est que supposé, instillé sans jamais être clairement affirmé. C'est un roman rempli d'humanité, de chaleur et de souvenirs émouvants. Et on se prend à fredonner quelques chansons entre les pages ...
Par Nanne - Communauté : Litterature - Publié dans : Romans francophones
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Jeudi 25 septembre 2008


"Il est sacré, le corps de l'amant, de l'amante, il est pur, jusque dans les fougues et les râles du désir d'accomplissement.Il est notre secret, notre orgueil et notre bonheur. Bonheur fertile qui féconde tous nos autres instants de bonheur, tous nos autres élans vers le monde, vers les choses et les êtres. Il est la stèle dressée tout le long du chemin, à chaque carrefour ; la stèle dont le texte se renouvelle sans cesse et dont on ne se lasse pas de recommencer la lecture, avec les doigts, les lèvres, autant qu'avec les yeux".


Extrait - "La Pleurante des rues de Prague" - Sylvie Germain
Par Nanne - Communauté : SOIF DE LIRE... - Publié dans : Zoom sur / Extrait
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Mercredi 24 septembre 2008
Par Nanne - Publié dans : Photos
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Lundi 22 septembre 2008
Paris Portraits - Collectif
(Folio Senso n°4503)




Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.net"Partout le marbre, le bronze et la pierre : des tulipes aux carrefours et de l'or sur les dômes, jade et onyx, alpaga et soies aux devantures, les murs n'ont même plus le temps d'être pollués : la Ville Lumière brille comme un sou neuf - aussi vieux que le pont du même nom".

Ville Lumière, certes. Mais ville en cercles concentriques excentrant petit à petit - excluant même - les populations qui ont fait toute la patine des Grands Boulevards : les artisans, les commerçants, les ouvriers, le petit peuple de Paris. Que trouve-t-on aujourd'hui, sur les Grands Boulevards ? Une sociologie quelque peu bouleversée. Des riches - étrangers pour la plupart - qui achètent tout à n'importe quel prix, pour le plaisir pour vivre dans la ville de Louis XIV, celle du Siècle des Lumières.

Anciens faubourgs aristocratiques tombés entre les mains du peuple de Paris, Poissonnière et Saint-Denis cachent de véritables trésors sociaux inconcevables ailleurs dans la capitale. "Où peut-on voir un petit Chinois et un petit Noir marcher, bras
Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.netdessus bras dessous, au sortir de l'école ? Sur le boulevard Bonne-Nouvelle. Où un groupe de Juifs orthodoxes, en chapeau noir et manteau long, peut-il croiser des commerçants indiens et musulmans, sous le regard d'un couple de bistrotiers se reposant d'un demi-siècle de limonade ? Sur le boulevard Saint-Denis". Véritable Tour de Babel parisienne, les Grands Boulevards sont la reconstitution des cinq continents. Ici, on passe - sans les problèmes de frontières - du continent africain à la Turquie, de l'Inde au Sri Lanka, de l'Europe Orientale à l'Europe de l'Est. On croise des sikhs, des kurdes, des touaregs, des femmes en boubou qui parlent lingala. On quitte Little Istanbul pour plonger dans Chinatown s'en réellement s'en rendre compte.

Après les Grands Boulevards vus par Claude Arnaud, on glisse subrepticement vers les Batignolles d'Elisabeth Barillé, "refuge des artistes sur le retour, des maîtresses grisonnantes, des coeurs à prendre qui ne le seraient jamais [...]". Visions noir & blanc d'un quartier jadis chanté par Barbara et où ont vécu Zola, Man Ray et
Duchamp. Quartier déclaré commune indépendante par Charles X, les Batignolles conservent son aspect surranné en cultivant encore les artisans d'antan. Les Batignolles, c'est le 22 rue de la Condamine. Première adresse de Man Ray à Paris ; lieu qui a vu naître sous ses toits les photomontages dada. C'est aussi le 54 rue Nollet et son hôtel particulier qui a su abriter Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.netNicolas de Staël revenu de Nice en 1943. "Les lieux sont fantomatiques : les meubles, les croquis, le grand piano à queue, rien n'a bougé. Nicolas installe son atelier au salon du rez-de-chaussée à cause des quatre fenêtres, des larronniers et des frênes ...". L'immeuble a, depuis longtemps, disparu au profit d'un immeuble de standing et d'une crèche municipale. Tout se transforme, rien ne se perd à Paris.

On quitte à regret Les Batignolles d'Elisabeth Barillé pour suivre Gérard de Cortanze à Montparnasse. Son Parnasse à lui se situe dans la salle du café de La Coupole avec ses trente-deux piliers décorés par trente-deux peintres. Premier souvenir qui le marquera sa vie durant au point de vouloir y vivre, adulte. Enfant, il avait déjà exploré le quartier Montparnasse en long, en large et en travers, tentant d'y retrouver les fantômes de Chagall, Marie Wassilieff ou encore Marcel Duchamp, amis de sa marraine.

Enfin, notre flânerie nous conduira le long des voies du Canal Saint-Martin dont " [...] le tracé côtoie les gares des deux points cardinaux
qui ne font pas rêver : un "Nord" et un "Est" trop lourds de souvenirs d'envahisseurs et de déports aux camps, si loin des envies de grand large vers l'océan de l'"Ouest" et du "Sud" des mers chaudes dont les effluves remontaient jadis jusqu'à tes berges via l'odeur des denrées importées". Le Canal Saint-Martin n'a jamais eu les faveurs des grands romanciers de son siècle Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.netnaissant. Ni Flaubert, ni Balzac ne se sont attardés sur son décor. Seul, Simenon mettait le Canal en scène pour quelques règlements de compte entre proxénètes, prostituées, bandes rivales, apaches, gouapes ou malfrats. Ce canal sublime a quand même su fédérer des armées de libertaires, anarchistes répugnant à s'agréger à un quelconque mouvement et qui ont écrit leurs gazettes et autres pamphlets à l'ombre de ses berges discrètes.

"Paris Portraits", c'est quatre auteurs de notre paysage littéraire et culturel pour une balade romantique dans une ville mystérieuse. Une ville qui ne se dévoile jamais totalement et qu'il nous faut parcourir inlassablement pour dénicher les richesses subtiles qu'elle recèle et cache jalousement, amoureusement, au creux de son architecture urbaine flamboyante. C'est aussi une promenade auditive avec la multitude des accents étrangers venus à la rencontre de la Ville Lumière par les Grands Boulevards. Mais aussi itinéraire olfactif à travers les mille et une senteurs des marchés de quartier déployant leurs trésors d'épices du bout du monde, les fumets délicats des cuisines venues d'ailleurs. C'est le Paris des artistes d'un autre siècle : Rimbaud, Tzara, Monet, Mallarmé ... C'est un livre en forme de récit de voyage où chaque écrivain a mis ses désirs parisiens et ses souvenirs émus d'une ville qui fera encore longtemps rêver.
Par Nanne - Communauté : SOIF DE LIRE... - Publié dans : Documents
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Dimanche 21 septembre 2008
Par Nanne - Publié dans : Photos
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