Vendredi 25 juillet 2008
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Tag lu sur plusieurs blogs et que j'ai trouvé plutôt drôle et cocasse, je me suis prise au jeu. J'ai donc pioché un livre au
hasard se trouvant dans une de mes piles. J'ai été à la page 123. J'ai compté cinq lignes, et voici la surprise du jour :
"Reconnaissance
Claude Villers est un homme juste et bon qui m'a sorti de la médiocrité télévisuelle où je stagnais pour me plonger dans la nullité radiophonique où j'exulte".
De qui cela peut-il bien être ??? Un indice, tout le livre est rempli de ces bons mots, articles de presse, articles, sketches, lettres et textes rares d'un humoriste grinçant et ironique.
Je vous laisse chercher jusqu'à mon retour ...
Par Nanne
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Mercredi 23 juillet 2008
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Par Nanne
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Lundi 21 juillet 2008
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Je vais devoir mettre de côté mon blog tant aimé et les lecteurs qui vont avec, pour de courtes, mais belles vacances bien
méritées. Après une année harassante de travail, voici venu le temps d'un repos compensateur mais non point synonyme de relâchement intellectuel.
Comme beaucoup d'entre vous, j'amène dans mes valises quelques ouvrages, question de ne jamais bronzer idiote.
En voici quelques-uns que vous retrouverez dès mon retour sur mon blog :
Le crime de Paragon Walk - Anne Perry
Un crime sordide vient troubler la quiétude huppée de
Paragon Walk. Tandis que l'inspecteur Pitt, chargé de l'affaire, se heurte à l'hostilité et au mutisme des résidents du quartier, son épouse Charlotte, assistée de sa soeur Emily, la charmante
Lady Ashworth, ne se laisse pas intimider par cette omerta de classe. De garden-parties en soirées, elles font tomber un à un les masques de l'élite. Les façades respectables de Paragon Walk se
lézarderont peu à peu pour exposer à cet infaillible trio de détectives leurs inavouables secrets et mensonges.
Horowitz et mon père - Alexis Salatko
Juste avant la révolution d'Octobre, Dimitri Radzanov et Horowitz
s'affrontent en duel au conservatoire de Kiev. Chassés par les Bolcheviks, les deux jeunes gens doivent fuir l'Ukraine. Horowitz émigre aux Etats-Unis où il rencontre vite fortune et gloire.
Radzanov, quant à lui, après avoir servi dans la garde blanche, échoue en banlieue parisienne avec sa mère. Il entre comme chimiste aux usines Pathé Marconi à Chatou où, ironie du sort, il va
fabriquer des disques pour son vieux rival Horowitz qui fait vibrer les foules outre-Atlantique. Mais il n'a pas renoncé à la musique et les duels vont reprendre, à distance, pour le plus grand
bonheur de son fils ...
Lou Histoire d'une femme libre - Françoise Giroud
D'une grande beauté, d'une intelligence supérieure,
Lou Andreas-Salomé, née à Saint-Petersbourg en 1861, a été l'une des célèbres séductrices de son temps. Nietzsche, Rainer Maria Rilke en ont été follement épris, Freud a succombé à son charme.
L'étonnant est que, si elle aimait les hommes et leur compagnie, elle n'a pas toléré, avant trente-cinq ans, qu'ils l'approchent physiquement. Ce qui, loin de les décourager, les rendait, comme
Nietzsche, fous de désir. Curieusement, bien que des milliers de pages aient été consacrées à Lou dans toutes les langues, ce qu'il faut bien appeler cette infirmité est à peine effleurée, jamais
élucidée. C'est un trou noir. Françoise Giroud avance à ce sujet une hypothèse, qui éclairerait le mystère de cette chasteté frénétique. Lou s'est largement rattrapée plus tard, gourmande des
"festins de l'amour" jusqu'à la fin de sa vie, mais toujours avec des hommes sensiblement plus jeunes qu'elle. Romancière, puis psychanalyste très appréciée en Allemagne où elle vivait, elle a
été l'une des premières femmes libres d'Europe, parce que sa plume lui a toujours assuré indépendance et situation sociale. Mais son chef-d'oeuvre, c'est elle.
Sans titre de noblesse - Raymond Devos
Un soir de Noël, on trouve dans l'église d'un petit village un enfant abandonné dans la crèche,
près du petit Jésus. Il est confié au baron Louis Charles Maximilien de La Touche et à son épouse.
Ainsi débute l'existence très mouvementée de Clément de La Touche, qui, en compagnie de son majordome Amédée, ira de tribulations en tribulations, toutes plus cocasses les unes que les autres. On
retrouve dans ce roman épique et piur que jamais.
Voici, en résumé, les quelques livres que j'emporte dans mes valises, sans parler de ceux que je vais rencontrer au hasard de mes visites dans les lirairies du coin.
Je reviens dans une semaine, fraîche, reposée et heureuse de vous retrouver tous et toutes.
Par Nanne
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Dimanche 20 juillet 2008
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La femme gelée - Annie Ernaux
(Folio n° 1818)
"Mes femmes à moi, elles
avaient toutes le verbe haut, des corps mal surveillés, trop lourds ou trop plats, des doigts râpeux, des figures pas fardées du tout ou alors le paquet, du voyant, en grosses taches aux joues et
aux lèvres. [...] elles ne soupçonnaient pas que la poussière doit s'enlever tous les jours, elles avaient travaillé ou travaillaient aux champs, à l'usine, dans des petits commerces ouverts du
matin au soir".
Ainsi sont les femmes qui ont peuplé l'enfance d'Annie Ernaux. De la grand-mère qui, à défaut d'être devenue institutrice, a été mère de six enfants accrochés à ses jupes après avoir élevé ses
cinq frères et soeurs, à la tante Elise, "[...] tanguante de graisse mais vive, un peu cracra [...]", en passant par la tante Caroline, jamais chez elle, toujours à cultiver son potager
ou à discuter avec les voisines. Et sa mère, "Elle est la force et la tempête, mais aussi la beauté, la curiosité des choses, figure de proue qui m'ouvre l'avenir et m'affirme qu'il ne faut
jamais avoir peur de rien ni de personne". Une lutteuse, cette mère. Une battante, volontaire, entraînant dans son sillage un homme
tendre, doux, tranquille.
Couple moderne bien avant l'heure, ils se partagent l'ensemble des taches ménagères aussi bien que celles du café-épicerie. D'un côté, l'impatience des clientes, de l'autre la bonhommie des
consommateurs qui n'avaient cure du temps qui passe. L'enfance d'Annie Ernaux entre un père aimant, adoré, adulé, toujours présent dans les petits et les grands moments de sa vie, et une mère si
différente des autres, qui l'incite à avoir de l'imagination grâce à la lecture, les jeux, l'écriture, l'histoire. "Et je me souviens de ces lectures qu'elle a favorisées comme d'une
ouverture sur le monde".
Pas que du bonheur dans son éducation, mais une belle découverte : celle d'apprendre que les filles ne sont ni inférieures, ni supérieures aux garçons. "Ni virilité, ni féminité, j'en connaîtrai les mots
plus tard, que les mots, je ne sais pas encore bien ce qu'ils représentent [...]". Elle l'apprendra
plus tard. A l'âge adulte. Pour le moment, c'est l'époque de l'innocence, de l'insouciance, des jeux. Pas ceux des petites filles
modèles, plutôt ceux des garçons.
Mais déjà pointent les affres de l'adolescence et son cortège de doutes, de remises en cause, de questionnement. Le corps change au moment où s'envole la futilité. Envie de plaire aux garçons et
peur de ne pas être comme les autres. "[...] je vais valoriser tout ce qui me paraissait alors si moche, indicible, mon corps réel, le plaisir, ma conscience fugitive de ne pas être une vraie
fille bien féminine [...]". Eveil à la sexualité, avec sa copine Brigitte. Entre envie et répulsion, cette attirance pour les garçons. Volonté d'apprendre à les connaître, en restant soi,
malgré tout ; malgré la peur de la solitude imposée, du cliché de vieille fille qui effraie.
Le bas, enfin. Ouf. La délivrance de cette incertitude sur l'avenir. La réussite d'une première étape franchie. Besoin d'avoir de l'ambition, de s'assumer, d'être indépendante, d'exister par soi
et pour soi. Devenir prof, après quelques hésitations sur d'autres voies. "Prof, le mot qui ploufe comme un caillou dans une flaque, femmes victorieuses, reines des classes, adorées ou haïes,
jamais insignifiantes, je ne me pose pas la question de savoir à laquelle je ressemblerai". Rencontre, au cours de sa vie d'étudiante douce et calme, de son double intellectuel, au masculin.
Et les parents qui veulent savoir l'avenir
personnel de leur fille unique. Le mariage, comme une raison
d'être, d'exister, un accomplissement, un adoubement pour entrer dans la vraie vie, la vie d'adulte.
Et le mariage, logique, après incertitude, selon les codes, les usages, les bonnes moeurs. Accepter de renoncer à sa liberté chérie, absolue, totale. Le premier enfant - le Bicou - nouveau signe
d'enferment dans sa nouvelle vie de femme au foyer, de renoncement à ses rêves d'enfant et ses vélléités d'indépendance. Pourquoi donc vouloir un diplôme, alors que l'on peut s'épanouir dans la
maternité, dans son ménage ? Entêtée, malgré reproches et arguments pour la faire renoncer à son projet. Son CAPES, elle le veut, l'exige. C'est sa bouée de sauvetage. L'honneur des femmes
qu'elle porte en elle.
Horreur de sa nouvelle vie. Impression d'enlisement, de noyade, d'inutilité. "J'ai vécu jour après jour la différence entre lui et moi, coulé dans un univers rétréci, bourrée jusqu'à la
gueule de minuscules soucis. De solitude. Je suis devenue la gardienne du foyer, la préposée à la subsistance des êtres et à l'entretien des choses". Depuis son mariage, une quête effrénée
de l'égalité entre son mari et elle. A force d'acharnement, de ténacité, le diplôme tant attendu, obtenu. Réussite sans joie. Mais aussi plaisir, jouissance, de la toute-puissance. Une autre vie.
Enfin.
"La femme gelée" d'Annie Ernaux parle d'elle et de toutes les femmes qui ont toujours combattu
pour mener de front vie professionnelle et personnelle. La recherche de la parité entre elle et lui, sexuelle,
sociale, familiale dans le partage des taches ménagères, dans l'éducation des enfants. C'est un livre à la fois
doux et tendre sur son enfance et ses désirs d'adulte accomplie ; mais aussi dur et amer, cynique, sur la réalité du couple moderne, sur l'inégalité malgré les diplômes, les études.
C'est une histoire de lutte ; une histoire de femme dans une société complexe. Pas de militantisme, mais un récit sobre et dépouillé sur le quotidien de la plupart d'entre nous.
Par Nanne
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Publié dans : Romans francophones
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Samedi 19 juillet 2008
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2008
17:23
Par Nanne
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