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Je vous souhaite la bienvenue dans mon univers fait de livres et de photos, mes deux grandes passions. Il a été créé pour pouvoir partager, échanger et découvrir des auteurs, des oeuvres que l'on n'aurait peut-être pas eu l'idée de lire pour diverses raisons.

J'espère que vous prendrez plaisir à le visiter, comme je prends plaisir à le faire. Vous pouvez me laisser un petit message sans rapport avec le contenu de mon blog, signalant simplement votre passage ou pour dire un petit bonjour. Vous serez toujours les bienvenus.

Je vous dis à très bientôt, ici ou là ....


Mercredi 16 juillet 2008 3 16 07 2008 20:08
Le talisman de la Villette - Claude Izner
(Folio n° 3941 - Grands détectives)




Livre_LetalismandeLaVillette.jpgLorsque Corentin Jourdan, marin au long cours retiré sur son lopin de terre de la presqu'île du Cotentin, sauve la vie de Sophie Claisange, il ne sait pas encore que son destin vient de basculer. Ce sauvetage lui a fait remonter en mémoire des souvenirs personnels et amoureux enfouis aux tréfonds de son âme, celui de Clélia, sa cousin décédée. Lui qui s'était promis de ne plus jamais tomber amoureux, le voilà parti pour Paris, ville de perdition, à la recherche de sa belle sauvée des eaux un matin brumeux de janvier 1894.

A quelques temps de là, marché de la Villette, "chef-lieu de la boucherie, métropole du bifteck, du fricandeau, du gigot, des abats [...]", un certain Martin Lorson va remplacer un ami pour quelques heures. Cette fonction de remplaçant professionnel est toute sa fierté, car c'est lui qui l'a trouvée. "N'avait-il pas échafaudé une issue à ses tracas ? Plus de patron ni de promotion, plus d'épouse, plus de loyer, de meubles et de possessions, hormis les effets remisés à l'intérieur
ClaudeIzner.jpg de la baraque. L'indépendance, la vraie". Seulement, ce métier ne comporte pas que des avantages. Des inconvénients, aussi. Et ceux-ci sont de taille. Voilà que notre remplaçant chevronné assiste, médusé, à un meurtre dans le quartier de la Villette. On n'y estourbit pas que les animaux d'abattoir. Les belles de nuit aussi.

Alors que Victor Legris, le libraire de l'Elzévir, hésite sur la tournure de son avenir professionnel, voici que surgit Maurice Laumier, peintre de son état. La raison de sa venue ? Mireille Lestocart, alias Mimi, sa muse, est inquiète pour sa cousine - Louise Fontane - surnommée Loulou, disparue sans laisser de traces depuis trois semaines. Bonne occasion de couper court à la routine pour Victor Legris qui commençait à s'ennuyer ferme au milieu de ses grimoires.

Pour débuter l'enquête, autant se rendre chez le seul et unique témoin du meurtre, Martin Lorson. Drôle de déposant qui ne se souvient plus très bien de ce
qu'il a entrevu. Toutefois, il laisse à Victor Legris un mystérieux médaillon. "Pour finir, il fouilla son habit effrangé et exhiba une chaînette où pendait un médaillon d'argent représentant, gravée en relief, une licorne de profil liserée de noir, campée sur ses pattes antérieures". Drôle de talisman trouvé à côté de la victime. Mince élément d'une enquête qui s'avère Halles_Parsi.jpegardue. L'enquête mènera Victor Legris et son acolyte Joseph Pignot des bas-fonds de la capitale aux beaux salons feutrés de la bourgeoisie parisienne, à la recherche d'indices sur la vie et les fréquentations de Louise Fontane.

De fil en aiguille, Victor Legris apprend que la victime et Sophie Clairsange se connaissaient. Lentement mais sûrement, nos deux compères apprennent que cette dernière, veuve d'un richissime américain, avait été impliquée dans un procès retentissant. Une sordide affaire remontant à 1891. "Les quarante-cinq autres prévenues ont bénéficié de l'indulgence du jury. Parmi elles, j'ai relevé les noms
de Louise Fontane, Mireille Lestocart et de trois Sophie, salariées chez le même patron : Sophie Dutilleul, Sophie Guillet .... et Sophie Clairsange".

L'affaire s'éclaircira lors du décès suspect du baron de La Gournay, membre fondateur d'une
Jarry_velo.jpg société occulte La Licorne noire. Plus de doute possible. Il existe nécessairement un lien entre ces deux affaires alambiquées. Il ne sera pas le seul à disparaître. Richard Gaétan, la couturier des élégantes parisiennes, finira de la même manière que son compère de La Licorne noire. Même fin pour Absalon Thomassin, artiste au Cirque d'Hiver. Outre le fait d'appartenir à cette fumeuse société secrète traitant de paranormal, un autre point commun les liait tous : celui de courir les femmes, chacun à leur manière. "Chacun sait que Richard Gaétan exerçait le droit de cuissage sur ses employées, quant au baron de La Gournay, il hantait aussi bien les couloirs des maisons de couture que celles de l'Opéra et des Folies Bergères".

C'est Sophie Clairsange qui apprendra à Victor Legris la vraie personnalité de ces trois individus respectés et respectables aux yeux de tous. Sophie Clairsange qui sera protégée par la présence discrète, voire secrète, de Corentin Jourdan venu à Paris pour la sauver d'elle-même et de son désir de vengeance.

"Le talisman de la Villette" de Claude Izner nous mène - une fois n'est pas coutume - dans le Paris de la Belle Epoque, qui n'avait de beau que l'expression. Par-delà l'enquête on découvre la vie des gagne-petits, domestiques, tâcherons, artisans, gens de maison, ouvriers, petits employés et la dure réalité qui est la leur dans de Paris illuminé, fou et inaccessible au
Henri_de_Toulouse-Lautrec.jpgplus grand nombre. Au détour des pages on rencontre les compositeurs Satie et Debussy, le poète Mallarmé, l'écrivain Huysmans, tous férus d'ésotérisme ; mais aussi les peintres Toulouse-Lautrec, Bonnard ou Vuillard. En guise de postface, l'auteure présente un panorama de tous les grands événements de cette année 1894. La style est populaire, gouailleur, fleuri et poétique sans jamais être vulgaire. J'ai eu la brillante idée de commencer par le dernier tome de la série. Ce qui a eu pour conséquence d'être un peu perdue au milieu de tous ces personnages et de leurs habitudes. J'assume, sans regret. Le prochain Claude Izner, sera le premier de la série. Dont acte.

ABC 2008
Par Nanne - Communauté : Litterature - Publié dans : Livres ABC
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Lundi 14 juillet 2008 1 14 07 2008 20:08

Eternellement en retard sur les propositions de participation à des tags intéressants, une fois n'est pas coutume, j'ai le plaisir de clore une série concernant les habitudes de lectures des bloggeurs et bloggeuses peuplant la blogosphère. C'est à la demande d'Anjelica et de Lou que je me prête volontiers à cette petite distraction du moment que sont mes rituels (à moins que ce ne soient des TOC !!!) de lectrice.

1 - Ou et quand je lis

Comme tout LCA, je lis à peu près partout où cela est humainement possible. Dès que j'ai un instant à consacrer à la lecture d'un ouvrage, quel qu'il soit, je plonge avec délice dans son univers. Dans les transports en public - pas toujours simple, surtout avec la cohue des allers matinaux et des retours en soirées - à la piscine, où je vais au moins une fois par semaine, qui est un excellent endroit pour lire ; au bureau, où je me prive d'une pause déjeuner-commérage entre collègues ; dans les jardins publics où je me rends compte que je ne suis pas la seule à lire aux pieds des arbres pour avoir la paix, plutôt que sur les bancs à être parasitée par les conversations des squatters, sur la plage où j'ai horreur de bronzer idiote ; à la terrasse des cafés en dégustant un thé ou un chocolat chaud. Sans parler de mon chez moi, à l'abri des perturbations sonores de toutes sortes, au chaud, dans un fauteuil l'hiver, ou sur ma terrasse l'été. Bien entendu, le soir au fond de mon lit jusque (très) tard dans la soirée question de prolonger le plaisir.

2 - Comment je choisis mes lectures

Vaste sujet, sans fin. Tout d'abord, je laisse mon esprit vagabondé au hasard des librairies que je hante régulièrement. Là, le choix est déjà immense et - souvent - cornélien. Je lis les 4ème de couverture pour voir si le sujet m'attire. Ensuite, je picore quelques extraits au hasard des pages, pour me donner une idée du style de l'auteur. Parfois, c'est une simple couverture qui me donnera envie de lire un livre et de me laisser surprendre par son contenu. Le côté esthétique et visuel est très important pour moi. Et puis, il y a les blogs que je visite régulièrement, source quasi inépuisable en matière de choix dans mes futures lectures. Enfin, il y a les émissions radios sur les livres (je refuse la télé !!!), les magazines littéraires et leurs critiques, même si je préfère me fier à mon instinct !!! Deux précautions valent toujours mieux qu'une ...

3 - Mes styles de lecture

Depuis que j'ai commencé mon blog, j'ai élargi mon horizon littéraire. Non pas qu'auparavant je faisais preuve d'ostracisme envers certains styles, mais j'avais tendance à tourner autour des mêmes thèmes dans mes lectures, biographies, romans historiques, essais, documents ... Du classique, en somme. Depuis, que les blogs existent et que je partage ces temps précieux de lecture, je me suis ouverte à d'autres univers littéraires, dont le policier. C'est une très belle découverte, riche, dense et variée. Le choix est de plus en plus vaste, original, souvent de qualité et il y en a pour tous les goûts. Par contre, je ne peux toujours pas me résoudre à lire de la SF, des mangas ou de la Fantaisy. J'ai beau essayer, je n'accroche pas du tout à ce style. Désolée ... Idem pour les Marc Levy, Guillaume Musso et quelques autres qui écrivent au kilomètres tels des marathoniens de l'écriture.

4 - Ce que j'attends de mes lectures

Un instant de bonheur, de jubilation, d'évasion, d'imagination. Un livre doit me propulser hors des sentiers battus, hors le quotidien ou bien me montrer d'autres quotidiens que le mien. J'aime vivre par procuration des époques différentes, dans des univers éloignés du mien. J'aime quand le livre m'ouvre sur des horizons méconnus et me permet de les découvrir. Voyager au sens propre en découvrant d'autres cultures, d'autres visions de l'existence ; voyager au sens figuré pour m'évader le temps d'une lecture et en garder longtemps après un doux souvenir en mémoire.

5 - Mes petites manies

Beaucoup, comme nombre de lecteurs et lectrices assidus. Cela devient quasi obsessionnel. Je ne peux pas corner une page. Impossible. C'est un véritable sacrilège pour ce qui me concerne. Je préfère - et de loin - l'utilisation du marque-page. Marque-page choisi avec soin pour chaque livre à lire. Pas de hasard. Tout dépend de la couleur, du thème, de l'auteur ... C'est dire l'atteinte psychologique !!! Pour écrire les articles de mon blog, toujours un crayon papier à proximité pour noter sur mes moleskines les moments forts, pertinents, style et autres détails, les extraits à insérer. Ecrire chaque article nécessite un peu de temps, dans la mesure où je laisse reposer mes impressions après les avoir écrits, avant de les relire et de les reprendre (éventuellemet). Mon sens de la propriété du livre impose l'écriture de mes initiales. C'est le signe d'appartenance de mes livres.

Compte tenu du fait que quasiment tous les bloggeurs et bloggeuses tenant un site consacré aux livres ont participé à ce tag, je n'imposerait rien à personne. Si quelqu'un n'a pas été encore tagué, il peut toujours y participer. C'est un moment permettant de dévoiler une (petite) facette de soi.
Par Nanne - Publié dans : Notes personnelles
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Samedi 12 juillet 2008 6 12 07 2008 20:30
Par Nanne - Publié dans : Photos
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Jeudi 10 juillet 2008 4 10 07 2008 22:35
     Cher pays de mon enfance
      Jean-Pierre Guéno - (Librio 2€ n° 726)


Soixante-deux millions de français et moi, et moi, et moi, pour parodier Jacques Dutronc. Soixante-deux millions de français d'origine ou d'adoption avec un point commun : celui d'avoir vécu pendant des siècles dans un périmètre limité ; celui de nos racines profondes. Et puis, la vie, l'histoire, les événements petits ou grands, ont souvent poussé nos aïeux à migrer de l'intérieur ou vers l'extérieur. Nous sommes tous des déracinés de quelque part, des étrangers pour quelques-uns. Que ce soit du bout de la ville ou du bout du monde.

L'expatriation, française ou étrangère, est toujours source de déchirement avec un passé, une histoire - personnelle ou nationale - une nouvelle langue à apprendre, même si on n'oublie jamais sa langue d'origine. Ainsi Tatiana, dont la famille a fui la Russie devenue communiste après 1917, en fera l'expérience. "Pendant ce court séjour dans la capitale j'ai appris le français, la nouvelle langue qui remplacera ma langue maternelle. Cela me parut simple [...]. Les liens avec ma mère, restée à Moscou, se bornaient à quelques échanges de lettres tout à fait anodines, à
cause de la censure".
 

Ou encore Parania, ukrainienne, obligée de quitter pays, parents, frères, soeurs pour s'exiler en France, pour survivre et nourrir les siens restés en Ukraine, vivant dans la misère. "Partir. Elle ne rêve pas, Parania. Pas le temps de rêver. Elle est l'aînée à la maison. La guerre, l'exode en Moravie et la mort du père, c'est lourd. Parania ne veut plus que sa famille pleure. Elle ne veut plus choisir la vie au milieu des morts. Elle veut partir pour donner à vivre".

Beaucoup possèdent un accent prononcé, signe d'une immigration venue d'ailleurs, même si elle est d'une région de France tout simplement. Pour ces enfants, ces adultes, perdus dans leur nouvelle vie, l'apprentissage de la langue sans accent est le symbôle de l'intégration, de l'acceptation par les autres. Et tant pis si la langue de Molière, de Rabelais ou de Racine, tant rêvée, adorée, adulée, est galvaudée, déformée. Seule compte l'adhésion au groupe auquel on
veut à tout prix appartenir.

Le plus souvent, ce qui pousse les hommes et les femmes - jeunes ou plus âgés - c'est l'espoir d'un ailleurs meilleur, plus favorable, moins misérable tout au moins. C'est la grande pauvreté, l'absence d'avenir, la crainte d'un présent sans horizon qui forcent les gens à s'éloigner. Isabel, fille d'ouvriers agricoles portugais contraints de fuir la dictature et le dénuement de leur situation, n'oubliera jamais la honte vécue par le regard d'un enfant la traitant de gitane. "J'ai vu dans ce regard dense, presque palpable, une répulsion pour la petite fille
pauvre que j'étais, une envie de destruction de cette petite chose [...]. Ses yeux et son corps m'excluaient de son espace. Une solitude et une tristesse infinies m'ont habitée pendant des mois, voire toute ma vie. [...]. Je crois que je suis devenue adulte ce jour-là. J'avais huit ans".

Ce qui est vrai pour les étrangers débarquant en France, déracinés, sans attaches, devant tout
reconstruire et laissant derrière eux un passé de tristesse, l'est aussi pour les Français, dans d'autres proportions. Dominique, d'origine corse, a dû quitter sa terre natale, la situation miséreuse de sa famille pour un futur aléatoire. Il a longtemps vécu dans une seule et unique pièce contenant toute la famille et les animaux de la ferme. Des conditions de vie spartiates, sans eau, sans électricité. L'illétrisme aussi. "Certains nostalgiques vous diront : "C'était le bon temps". Je leur réponds : "C'était le Moyen Âge, c'est votre jeunesse que vous regrettez"".

Surtout, que nous soyons des migrants de l'intérieur ou de l'extérieur, nous devons retrouver notre place dans la société, une utilité dans la vie. C'est certainement plus vrai pour les étrangers qui doivent redoubler d'efforts pour se faire accepter par les autres, pour éviter la stigmatisation et perçus comme à l'origine de tous les maux sociétaux. Au milieu de tout cela, il y a ceux - nombreux - en quête de leurs origines secrètes. Ceux qui se cherchent à travers l'histoire générationnelle. Comme Robert, à la recherche de son identité, gagnée, perdue, retrouvée au gré des mouvements de l'histoire. "Un fils de Juifs errants, portant en lui les marques indélébiles de siècles de persécution ? Non, me disais-je : je suis avant tout français".

"Cher pays de mon enfance" est un recueil de souvenirs en textes, lettres, écrits personnels racontant le brassage, le métissage social et culturel de la France. Qui que nous soyons, d'où
que nous venons, nous portons tous en nous, dans nos bagages mémoriels et génétiques, notre histoire filiale. C'est ce que raconte cet ouvrage. C'est ce que l'auteur - Jean-Pierre Guéno - a voulu nous montrer. On appréhende au plus près tous les écueils rencontrés pour partir, s'arracher de son pays, de sa région, quitter les siens pour vivre et s'enraciner ailleurs. On comprend les angoisses de toutes ces personnes vivant en équilibre précaire pour un avenir aléatoire. Ce livre raconte d'une seule et même voix le déracinement, le souvenir et la renaissance. "L'exil, même s'il est volontaire et assumé, est un sentiment dont on ne guérit jamais. C'est porter en soi un monde qui existe encore quelque part et qui n'est déjà plus tout à fait le même".
Par Nanne - Communauté : SOIF DE LIRE... - Publié dans : Documents
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Mardi 8 juillet 2008 2 08 07 2008 22:38
Par Nanne - Publié dans : Photos
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