Le jeu de la Dame noire

Publié le par Nanne

               Le Tableau du Maître flamand -
                   Arturo Perez-Revert - (Livre de poche n° 7625)




Fichier hébergé par Archive-Host.com"La Partie d'échecs, huile sur bois de Pieter Van Huys, 1471. [...]. C'était une scène domestique, peinte avec le réalisme minutieux des Quattrocentistes ; une scène d'intérieur, de celle avec lesquelles les grands maîtres flamands avaient jeté les bases de la peinture moderne, grâce à l'innovation qu'avait constituée à l'époque la peinture à l'huile. Deux chevaliers dans la fleur de l'âge, de noble aspect, assis de part et d'autre d'un échiquier sur lequel se déroulait une partie, constituaient le sujet principal".

Julia, la restauratrice du tableau en question, se dit qu'avec ce chef d'oeuvre authentifié du 15ème Siècle son prix sera élevé lors de sa prochaine vente aux enchères. De plus, l'inscription latine Quis necavit equitum fera encore augmenter le prix des enchères. Les amateurs d'art aiment les enigmes non élucidées. En attendant, la jeune restauratrice est bien décidée à percer le mystère de la phrase secrète, traduite par Qui a tué le chevalier ?.
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C'est Alvaro Ortega, professeur d'histoire de l'art, qui apprend à Julia qui sont les principaux personnages de ce tableau. "Comme Van Huys a peint "La Partie d'échecs" en 1471, il ne peut y avoir aucun doute. Il s'agit de Fernand Altenhoffen, duc d'Ostenbourg, "Ostenburguensis Dux", né en 1435 et mort oui, c'est bien cela, en 1474. Il avait donc trente-cinq ans lorsuq'il a posé pour le peintre". Si pour le premier joueur les choses sont claires, il n'en va pas de même pour l'autre joueur. Il semble être Roger d'Arras, mort en 1469 d'après Hainaut, soit deux avant la création de "La Partie d'échecs". Il était physiquement impossible à Roger d'Arras de poser pour le peintre, puisqu'il était déjà mort à cette époque.

Voilà une deuxième enigme à laquelle Julia va devoir faire face. Pour cela, elle s'adjoint d'aide précieuse de César, son plus vieil ami, son père spirituel, antiquaire dandy de son état. Celui-ci véritable érudit, lui propose une autre version de la phrase cachée. Quis necavit equitem peut aussi se traduire par Qui a pris le cavalier ?, terme utilisé dans le monde des échecs. Pour tenter de résoudre ce qui se cache derrière la partie d'échecs du tableau, César et Julia se rendent au Club Capablanca pour y trouver le meilleur joueur d'échecs. Ce sera Munoz, comptable de son état. A la vue du Van Huys, il leur affirme que ce sont les pièces noires qui viennent de jouer. "Il suffit d'observer la disposition des pièces. Ou les joueurs - Munoz montra Fernand d'Ostenbourg. Celui de gauche, celui qui joue avec les noirs et qui regarde le peintre, ou qui nous regarde nous, est plus détendu - [...]. L'autre, - il montrait Roger d'Arras -, en revanche étudie le coup que vient de jouer son advaire. Vous voyez comme il est concentré ? - Il retourna à son croquis. - De plus, il y a une autre façon de le savoir ; en fait, c'est celle
que nous allons utiliser. L'analyse rétrospective". C'est à ce moment-là qu'une série de meurtres émaille la partie d'échecs qui semble  se continuer par-delà le temps. Le premier mort est Alvaro Ortega, retrouvé dans sa baignoire.

Fichier hébergé par Archive-Host.com Entre-temps, Munoz a refait la partie en cours et s'est heurté à un problème de taille. Il ne s'agit pas d'une partie ordinaire, mais plutôt d'une partie gigogne avec une logique mathématique. Selon lui, le joueur ou celui qui a conçu la partie a une façon bien particulière de jouer aux échecs. "Il avait l'esprit tordu en tout cas ... Tous les bons joueurs sont comme ça, mais celui-ci avait quelque chose de plus : une aptitude particulière à vous mettre sur une fausse piste, à vous tendre toutes sortes de pièges ... Et il y trouvait son plaisir [...] je dirais qu'il avait une façon diabolique de jouer aux échecs". Pour couronner le tout, Munoz est persuadé d'avoir affaire à un homme sûr de lui, agressif et sadique, cruel, aimant le risque, avec une intuition capable de lui permettre d'anticiper sur les coups des adversaires. Mais voilà qu'un deuxième meurtre est commis. C'est l'amie de Julia, Menchu Roch, propriétaire d'une galerie d'art. Parallèlement, le joueur inconnu est probable meurtrier propose de continuer la partie restée en suspens. Il enverra régulièrement des bristols contenant des formules mathématiques permettant de faire avancer les pièces, jusqu'à son terme ultime.

Avec "Le Tableau du Maître flamand" d'Arturo Perez-Reverte j'ai été totalement surprise
Fichier hébergé par Archive-Host.com par le jeu de piste que l'auteur a déroulé dans son livre. Je dois avouer que - jusqu'au bout - j'ai joué la partie d'échecs avec les personnages, tentant de deviner qui pouvait se cacher derrière le joueur / tueur inconnu, et ce qui motivait son comportement. Dès les premières pages on est capté, obnibulé par cette partie d'échecs presque magnétique. L'histoire de l'art, les mathématiques, la logique des échecs s'allient pour un jeu endiablé. C'est très bon, mais j'ai regretté que l'histoire de l'art disparaisse très vite au profit des échecs.
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Nicole Yvonnet 02/11/2009 19:25


je viens de terminer '' Le Tableau du peintre flamand'' dont j'ai totalement appécié l'évolution de l'intrigue. Sans aucune connaissance des échecs, j'ai suivi les pistes où l'auteur nous entraine.
Ce roman est d'ailleurs plein de métaphores.Passionnant!
PS on ne dit pas '' obnibulé'' mais '' obnUbIlé''...


florinette 01/02/2008 12:29

J'ai adoré ce roman, je me suis laissée complètement envoûtée par l'histoire et comme je le dis dans mon article Arturo Perez-Reverte, est un maître du suspense et de l’érudition !!
Bonne journée Nanne et bon week-end, bisous !

Nanne 03/02/2008 08:31

C'est sur ton blog, Florinette, que j'ai découvert cet auteur qui m'était inconnu. Je connais peu les écrivains espagnols !!! Mais ce livre m'a ravie est c'est exact que c'est un maître du suspense et de l'érudition, car réussir à parler des échecs et de l'histoire de l'art comme il le fait, avec autant de détails, c'est le signe d'une grande connaissance. De toute façon, j'ai prévu d'autres ouvrages de cet auteur o))) Merci à toi et bonne fin de week end ... A très bientôt.

anjelica 31/01/2008 19:44

Je l'ai lu il y a longtemps et je me rappelle avoir bcp aimé :)

Nanne 31/01/2008 21:00

Je le connaissais de réputation et pour en avoir lu de bonnes critiques sur certains blogs, mais je reconnais que je n'ai pas été déçue par l'histoire ... C'est très fouillé, on se prend à avoir envie de jouer aux échecs, c'est haletant ... et la fin surprenante !!! J'ai prévu d'autres livres de cet auteur espagnol, dont "Le maître d'escrime". On verra lors de sa lecture o))