Le ministre des inventions

Publié le par Nanne

      L'envoyé extraordinaire - William Golding
          (Folio 2€ n° 4445)




Fichier hébergé par Archive-Host.comLorsqu'un homme à l'allure négligée se présente devant César en personne, empereur d'un Empire décadent, pour lui présenter ses nouvelles inventions géniales, dont un bateau à vapeur, ce dernier se demande ce qu'il va bien pouvoir faire de cet  olibrius. Cet homme, c'est Phanocle, fils de Myron d'Alexandrie, bibliothécaire adjoint de son état. En déballant la maquette de son bateau génial pour l'époque, César ne peut s'empêcher de lui demander s'il souhaiter jouer aux petits bateaux avec l'empereur.

En fait, Phanocle est un savant méconnu et méprisé qui vit dans son monde, celui de l'élément et de la forme. Il a été raillé, insulté, persécuté et accusé de pratiquer la magie noire, même de perdre son temps. Il s'est heurté à des empêchements, des obstructions de haut en bas de la hiérarchie de l'Empire avant d'arriver devant César pour lui proposer ses services. "On avait entravé ses projets. La bateau [...] était la dixième merveille, il ne comprenait pas les hommes, mais avec ce vaisseau, l'Empereur serait plus illustre qu'Alexandre".


Tout le monde prend Phanocle pour un fou, à commencer par César lui-même. Ce que souhaite
Fichier hébergé par Archive-Host.com ce génial savant, c'est de changer la face du monde grâce à toutes ses inventions et autres trouvailles censées améliorer le quotidien de ses correligionnaires. Peu convaincu par son bateau à vapeur, Phanocle à l'idée lumineuse de présenter à César une autre de ses inventions : le cuit-vapeur. D'un coup, César prend intérêt à ce nouveau procédé de cuisson unique pour - enfin - manger de la viande cuite comme il l'aime. "- Et la saveur, Phanocle ! Elle sera renfermée ! Toute la merveilleuse intention du comestible sera conservée par magie ! Il se leva et se mit à arpenter la loggia. - Nous goûterions enfin la viande pour la première fois ...".

Certes, l'autoclave est une belle idée pour un fin gourmet comme César. Mais il n'y a pas que cela dans la vie d'un Empire. Il y a les complots pour s'arroger le pouvoir par la force. Et pour
contrer les vélléités des adversaires potentiels, rien de tel qu'un bateau de guerre à vapeur avec canons et explosifs. Phanocle veut de l'argent pour son Amphitrite. César est d'accord, à condition de lui procurer sa cocotte-minute. "- [...] Fabrique ton bateau et ton boum-boum. Mais d'abord ... la marmite à pression".

Fichier hébergé par Archive-Host.comLe pauvre Phanocle et son Amphitrite ne seront pas au bout de leur peine. Les esclaves, ne comprenant pas l'utilité d'une telle machine infernale, la saborderont. "Nous avons vu son bateau se mouvoir sans rames ni voiles, et contre le vent ? A quoi serviront les rameurs ? Phanocle poussa un cri. - Mon navire vous aurait rendu votre liberté ! [...] - Je préférerais être esclave chez un petit propriétaire que régner en enfer sur tous les fantômes des hommes". Un officier de la Légion romaine aura la même réflexion concernant la machine à foudre. "Avec celle-ci, plus besoin de soldats, ni d'armures, ou de costumes d'apparât".

César demandera à Phanocle de continuer à inventer pour le bien de l'humanité, mais autre chose. Pourquoi pas une boussole pour se diriger sur les mers et les océans. Mais l'imagination débordante d'un Phanocle ne s'est pas arrêtée à ces quelques objets. Il découvrira son ultime trouvaille, la plus belle, la plus aboutie et celle qui ravira des populations entières pour les générations à venir.

J'ai bien cru ne jamais venir à bout de "L'envoyé extraordinaire" de William Golding tant le sujet
Fichier hébergé par Archive-Host.comme paraissait biscornu, alambiqué, quelque peu tordu et parfois incompréhensible. J'ai toujours eu beaucoup de mal avec les histoires futuristes, parce que je n'arrive pas à me concentrer sur ce genre de lecture. Néanmoins, comme je suis une acharnée et que je n'aime pas me sentir battue - surtout par un livre - je l'ai repris bien décidée à terminer les 121 pages de ce livre. Heureusement pour moi. Si le milieu de "L'envoyé extraordinaire" m'a profondément énervée tant l'histoire semblait confuse, la fin m'a enchantée. Elle finit par un feu d'artifice de délire, de fantaisie avec un humour typiquement britannique. C'est un conte philisophique cynique et cruel sur le pouvoir et les méfaits des avancées censées améliorer les conditions des hommes et qui arrivent (parfois) trop tôt.

Publié dans Romans étrangers

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