Il était une fois .... Le cubisme

Publié le par Nanne

Cubistes ou cubisteux ?

Le 20ème Siècle est certainement celui qui a engendré tous les excès. Beaucoup de révolutions sont nées à l'aube de ce siècle placé - à l'origine - sous le signe du progrès et de l'industrialisation de la société.

C'est au début de cette ère qu'apparaît le cubisme qui allait déterminer une révolution esthétique sur laquelle viendront s'agréger d'autres formes d'art postérieur à celui-ci. Braque et Picasso, encore amis, allaient faire éclater le carcan de la peinture académique en revisitant les bases de l'esthétique.

Directement influencés par les dernières oeuvres de Cézanne, réinterprétant le monde selon des formes élémentaires (cubes, sphères, pyramides), Braque et Picasso vont s'engager dans une simplification de la représentation de la forme. Ils associeront à leurs études l'art primitif, notamment l'art africain et l'art ibérique. Ils appliqueront leur recherche artistique non seulement aux paysages, mais aussi aux objets et aux portraits.

On date traditionnellement l'origine du cubisme en 1907 avec la création des "Demoiselles d'Avignon" de Picasso. Mais c'est en 1908 que ce nouveau courant pictural est appelé Cubisme, sous la plume d'un critique d'art - alors en vogue - Louis Vauxcelles. Ce terme lui aurait été soufflé par Matisse qui, à la vue d'un tableau de Braque à la galerie Kahnweiler, aurait parlé de "petits cubes" pour désigner le paysage représenté.

Dès 1909 - 1910, les deux peintres vont évoluer vers le cubisme analytique. Dans cette phase picturale, composée de portraits et de natures mortes, l'objet est destructuré. Il est interprété en termes de plans, de facettes qui recréé une nouvelle structure, éloignée de la traditionnelle représentation. Seuls, ne sont conservés que quelques fragments allusifs destinés à suggerer une multiplicité de points de vue sur l'objet. Il n'y a aucun égard pour la perspective.

La couleur, limitée à quelques camaïeux, est remplacée par la lumière qui occupe une place prépondérante. En se répartissant sur chaque fragment, elle permet d'individualiser les plans et les surfaces imbriquées.

A partir de 1912, vient la 3ème période cubiste ou Cubisme synthétique. Bien qu'ayant frôlé l'abstraction au cours de la précédente période, Braque et Picasso éprouvent le besoin de retrouver un lien avec la réalité. C'est le retour à la couleur et l'utilisation de la technique du collage. Dès cette date, Braque va créer les sculptures-constructions cubistes qui va amener les deux peintres vers la réalisation de leurs premies papiers collés. Dans sa "Nature morte à la chaise cannée", Picasso incorpore un morceau de toile cirée, tandis que Braque dans son "Compotier et verre", introduit des bouts de papier. Ces fragments de réalité fonctionnement soit comme des trompe-l'oeil, soit comme des métaphores des objets désignés.

A cette période, le cubisme est un style déjà largement répandu parmi les peintres en France. Fernand Léger avec son "Nu dans la forêt" introduira dans le cubisme les trois couleurs primaires. Francis Picabia, Robert Delaunay et sa femme Sonia développeront avec succès un cubisme coloré, baptisté Orphisme par Appolinaire et directement inspiré par son poème "Orphée" de 1908 qui traite de la poésie pure. Selon le poète, l'Orphisme est "l'évolution lente et logique de l'impressionnisme, du divisionnisme, de l'école du fauvisme et du cubisme". C'est sans doute la contribution la plus originale au cubisme, initié par Braque et Picasso.

Au cours de l'hiver 1912 - 1913, Picasso passera du collage à l'assemblage de matériaux divers dans l'espace. Il invente une nouvelle forme de sculpture, dite construite, qui se caractériqe par l'importance donnée à la texture, à la couleur des matériaux, ainsi qu'à l'espace et au vide.

Le cubisme dépassera nos frontières pour alimenter la peinture des futuristes italiens et russes, et celle des expressionnistes allemands. Il trouvera même des partisans en Europe Centrale - en Tchécoslovaquie - où naîtra une architecture cubiste, unique en son genre.

Le cubisme a ouvert la voie à l'abstraction et à l'art conceptuel. Après 1918, ne se développeront que quelques manifestions cubistes dénaturées.

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