Ronde de truands

Publié le par Nanne

Le bal des voleurs - Jean Anouilh (Folio n° 118)

Que voilà une pièce drôle, gaie, légère, réjouissante et savoureuse. Rien que cela pour décrire "Le bal des voleurs". Mais, vous comprendrez qu'après "La cliente" et "Voyageur sans bagage", elle s'imposait presque dans mon paysage littéraire !! Et elle a été la bienvenue.

Avec "Le bal des voleurs", on revisite le théâtre façon Molière, comme une farce légère, avec des femmes qui mènent la danse, des hommes qui sont lésés, naïfs, cupides, stupides, des imbroglios de situations mal maîtrisées. Jean Anouilh a d'ailleurs qualifié cette pièce de Comedie-ballet.

Vichy, ville d'eau réputée pour sa tranquillité, est bouleversée par l'arrivée de trois voleurs à la tire, bien décidés qu'ils sont à échaffauder quelques coups. La façon la plus simple de se remplir les poches sans risques et à moindre frais est de séduire des jeunes filles de bonnes familles en villégiature dans la ville.

Nos trois pickpockets font la rencontre d'Eva et de Juliette, accompagnées de leur tante, Lady Hurf, personnage volubile et excentrique. Celle-ci est bien décidée à profiter de la naïveté des trois pendards pour rompre la monotonie de son existence. "Je m'ennuie comme une vieille tapisserie [...]. Mais je veux profiter de mes dernières années et rire un peu. J'ai cru pendant soixante ans qu'il fallait prendre la vie au sérieux. C'est beaucoup trop. Je suis d'humeur à faire une grande folie".

Elle décide de les inviter chez elle, en prétextant que ce sont de vieux amis à elle, le duc de Miraflor et son fils. Hector, un des trois escrocs, cherche vainement à retrouver le déguisement qui lui a permis de séduire Eva. Et Gustave, apprenti voleur, amoureux transi de Juliette, lutte contre ses sentiments. Il y a aussi les Dupont-Dufort père et fils, bien décidés à ne pas se faire supplanter par ces trois filous auprès des deux nièces, dans leur course à la dote.

Le Casino de la ville organisant un bal, Lady Hurf invite tout son monde à se joindre à elle pour briser les habitudes et à se déguiser en voleurs. C'est ce moment que choisi Juliette pour filer à l'anglaise avec Gustave et devenir sa complice.

Seulement, un vol sera commis au retour du bal et l'on remarquera l'absence de Juliette et de Gustave. Lady Hurf profitera de l'arrivée de la police pour se débarrasser des Dupont-Dufort père et fils, ainsi que d'Hector et de Peterbono. Elle avouera à tous ne jamais avoir été dupe des manigances des voleurs. L'histoire se terminera en farce, façon Molière. Tout le monde y trouvera son compte, surtout les vrais amoureux et sauf les vrais méchants.

"Le bal des voleurs" n'est pas la pièce la plus profonde du répertoire de Jean Anouilh, elle se lit comme une pièce de boulevard. C'est simple et léger et sans prétention. Et l'on passe un agréable moment en sa présence.

Publié dans Théâtre

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