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Je vous souhaite la bienvenue dans mon univers fait de livres et de photos, mes deux grandes passions. Il a été créé pour pouvoir partager, échanger et découvrir des auteurs, des oeuvres que l'on n'aurait peut-être pas eu l'idée de lire pour diverses raisons.

J'espère que vous prendrez plaisir à le visiter, comme je prends plaisir à le faire. Vous pouvez me laisser un petit message sans rapport avec le contenu de mon blog, signalant simplement votre passage ou pour dire un petit bonjour. Vous serez toujours les bienvenus.

Je vous dis à très bientôt, ici ou là ....


Policiers, thrillers, aventure

Vendredi 12 septembre 2008
                 La dame de Berlin - Franck & Vautrin
                     (Pocket n°3385)




Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.net"En progressant de la sorte, quasi à l'aveuglette, ses vêtements plaqués au corps par le mauvais biais de la pluie, notre héros ignorait qu'il allait faire coup sur coup plusieurs rencontres dont il se souviendrait tout au long de sa vie. Le hasard allait brusquement ouvrir le livre de sa destinée, lui permettant d'en lire furtivement quelques pages".

Ainsi débute les aventures de Blémia Borowitz, alias Boro, photographe hongrois, parti à la conquête du monde par amour pour Maryika, sa cousine. Lui qui se considère comme un bâtard, mélange de sang juif et français, portant un nom de famille magyar, a choisi Paris pour tente la
chance et l'attraper au vol si elle venait à se présenter. Pour le Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.netmoment, le succès et la reconnaissance ne sont pas encore au rendez-vous de l'histoire. Non. Ce serait plutôt trois bohémiennes qui vont changer le cour du destin de Boro, alors qu'il traîne sa jambe invalide sur les Grands Boulevards. "Plus tard, tu seras l'oeil qui surveille le monde. Tu iras regarder les hommes jusqu'au fond de leur nuit".

Fort de cette prédiction, Boro se lancera dans la grande aventure, l'histoire avec un grand H. Et pour Boro, l'aventure commencera par un aller-retour Paris-Munich en Bugatti Royale pour retrouver sa douce et chère cousine Maryika dont il est amoureux depuis sa plus tendre enfance. Munich parce que c'est la ville choisie par Wilhem Speer, - réalisateur de "L'aube des jours" dans lequel Maryika tient le premier rôle - pour la sortie du film. ""L'Aube des jours" était une composition totalement originale tournée pour partie en Hongrie, financée par des capitaux allemands et américains. Le scénario
Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.netretraçait la vie de Cosima von Bülow, fille de Franz Lizt et de Marie d'Agoult, devenue Cosima Wagner. Maryika interprétait le rôle de Cosima".

Après quatre ans de séparation, les retrouvailles de Maryika et de Boro se scelleront par un présent très personnel. En offrant un Leica à son cousin, Maryika ne sait pas encore qu'elle va au-devant de graves problèmes pour tous les deux. Boro en profite pour photographier tout ce qui passe à sa portée. Mal lui en prendra. "Et il se mit à mitrailler : Maryika, Hoffmann, la vendeuse, le nouveau venu offrant ses fleurs, un homme qui regardait de l'autre côté de la porte, Hoffmann, crispé, contemplant la scène, Maryika, radieuse, l'inconnu assenant une tape amicale sur les
fesses de la blonde, la blonde roucoulant sous la caresse, Maryika, heureuse, Hoffmann levant la main, l'inconnu se rendant compte qu'on l'avait photograhié et approchant, la blonde le considérant, perplexe, Maryika se dirigeant vers la porte, l'inconnu lâchant une phrase d'un ton Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.netsec, en allemand, Hoffmann interpellant Maryika et celle-ci, après avoir écouté, se tournant vers son cousin".

Car l'inconnu sur tous ces clichés ne restera pas dans l'ombre bien longtemps. Et les photos de Boro  n'y seront pour rien dans sa réputation future. Les temps sont de plus en plus difficiles pour l'Allemagne qui se prépare à sombrer corps et biens dans la marée brune du fascisme. Berlin est en campagne électorale. Les chemises brunes paradent, se montrent et terrifient les populations. Et pour retrouver ces clichés apparemment anodins, tout le monde part à la recherche de ces négatifs compromettants pour l'avenir politique du grand manitou du Reich allemand. A force d'être harcelé par les sbires du dictateur en culottes tyroliennes, Maryika se demandera si ces photos sont bien les seules raisons de cet entêtement. Et s'il y avait autre chose derrière ? S'ensuit une cavalcade à travers le continent européen pour récupérer les épreuves de Boro. Mais pour le photographe kirghiz, une chose est sûre et certaine : son destin vient de se sceller. Avec la renommée apportée par ses clichés qui feront le tour du monde, Boro a choisi sa vie : ce sera l'aventure, les femmes et l'alcool, en compagnie de son Leica.

"La dame de Berlin", premier tome des aventures de Boro reporter photographe, nous promène dans l'Europe des années 1930. Roman d'aventure riche et foisonnant, on y croise des Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.netpesonnages connus et reconnus : Bertolt Brecht, Fritz Lang, Emil Jannigs, Josef von Sternberg, Leni Riefenstahl, Michel Simon et Jean Renoir, Colette et Roger Martin du Gard, Gide et les Surréalistes, Trotski et un petit jeune surnommé Robert Capa. On traverse des lieux et des villes au passé glorieux, Berlin, Paris, Budapest, le Tiergaten, l'Alexanderplatz, La Ruche à Montparnasse. Franck & Vautrin y ont mis tous les ingrédients pour un roman que l'on dévore d'un bout à l'autre des six cents pages et qui nous fait réviser l'histoire de l'Europe dans cet entre-deux terrifiant. Bientôt la suite ...
Par Nanne
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Mercredi 30 juillet 2008
Le crime de Paragon Walk - Anne Perry
(10/18 n°2877)




Livre_LeCrimedeParagonWalk.jpg"Paragon Walk était une promenade dans le style Regence, suprêmement élégante, donnant sur un parc ouvert avec parterres de fleurs et arbres ornementaux. Elle ondulait en douceur sur un kilomètre environ. Ce matin-là, tout était blanc et silencieux [...]".

C'est dans ce quartier huppé et résidentiel, abritant la bonne société britannique que l'inspecteur Pitt est envoyé pour enquêter sur le meurtre sordide d'une jeune de bonne famille - Fanny Nash. Soeur cadette de Diggory Nash, elle vivait à Londres depuis la mort de ses parents. C'est sa belle-soeur - Jessamyn Nash - qui lui servait de chaperon pour l'introduire dans le grand monde.  "Elle n'était pas encore formée aux mondanités. parfois, j'avais l'impression qu'elle était bien trop jeune pour la saison ! J'ai essayé de l'éduquer, mais elle était d'une telle candeur ! Il lui manquait la plus élémentaire faculté d'invention. Le moindre faux-fuyant lui était un
AnnePerry.jpg supplice". C'est dans les bras de sa belle-soeur que la pauvre Fanny Nash succombera.

Dès le début de l'enquête, Thomas Pitt est persuadé que le criminel appartient au monde feutré
de Paragon Walk. Pourtant, personne n'a rien remarqué d'anormal ou de suspect ce jour-là, ni les domestiques, ni l'agent en faction dans le quartier. En rendant une visite purement formelle aux voisins des Nash, pour découvrir la moindre bribe d'information ou un indice, l'inspecteur Pitt comprend très vite que tous - ou presque - essaient de dégager leur responsabilité dans ce meurtre, que le silence est de rigueur pour tenter de cacher les travers des uns, les manies des autres, les haines de tous. A commencer par la famille Nash elle-même, qui ne plaint pas le sort subi par cette malheureuse Fanny Nash. "Pitt aurait dû s'habituer à ce réflexe de groupe défensif, aux protestations d'innocence, voire au déni de toute implication. Il s'y heurtait chaque fois, d'une manière où d'une autre. Et cependant, il trouvait cela particulièrement répugnant".

Charlotte décidera d'aider son inspecteur de mari dans cette troublante affaire de moeurs, en rendant visite à sa soeur Emily Ashworth, vivant à Paragon Walk. En observant leur façon de vivre pour Garden_party.JPGessayer de trouver des éléments passés inaperçus par Pitt, elle n'aura de cesse de se demander qui a bien pu perpétrer un crime aussi monstrueux dans un quartier aussi élégant. Même si elle avait conscience de leurs excentricités et de leurs déviances, Charlotte savait aussi qu'ils avaient les moyens de les assouvir, grâce à l'argent. "Aussi excentriques que fussent leurs goûts, voire même pervers - elle avait entendu parler de ces choses-là -, les résidents de Paragon Walk avaient certainement les moyens de les satisfaire. Et il n'avaient que l'embarras du choix, entre les quartiers pauvres surpeuplés et les maisons de luxe, sans parler d'enfants et même de jeunes garçons". Dans la Gentry, certains membres ne sont pas plus propres ni plus fréquentables que dans les classes populaires et chez les déclassés.

En côtoyant ces péronnelles mondaines qui passent leur temps à se critiquer et à se disputer les faveurs des dandies, Charlotte se convaincra que le criminel n'a pas choisi Fanny Nash par hasard, mais pour sa pureté virginal et son âme innocente.
Victoria_Londres.jpgDe soirées mondaines en garden parties, Charlotte et Emily percevront beaucoup - trop sans doute - sur leurs voisins au-dessus de tout soupçon. Non seulement Fanny Nash disparaîtra, mais d'autres paieront de leur vie leur curiosité, leurs allusions, leurs connaissances de certaines pratiques.

"Le crime de Paragon Walk" d'Anne Perry est le premier livre que je lis de cette auteure prolixe. Je la connaissais de réputation pour la qualité de son écriture, le foisonnement de détails sur la société anglaise en général et de ère victorienne en particulier, que j'affectionne particulièrement. Je dois reconnaître que cet ouvrage
a été une belle surprise de mon swap Eternel féminin. La description de la grande bourgeoisie anglaise, avec ses codes, ses habitudes, ses us et coutumes est subtile, sans suffisance, avec juste ce qu'il faut pour apprendre l'essentiel au lecteur sans le noyer dans la masse.

lady_agnew.jpgL'intrigue est bien orchestrée et on reste en haleine jusqu'au bout, se demandant qui a bien pu commettre toutes ses horreurs. Avec Anne Perry, on est à la confluence de Sir Arthur Conan Doyle et de son Sherlock Holmes, et d'Agatha Christie et de sa Miss Marple. Un vrai régal estival qui m'a confrimé l'envie de continuer à lire cette écrivain. Un grand merci à Katell pour ce joli cadeau ...
Par Nanne
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Samedi 7 juin 2008
Les brouillards de la Butte - Patrick Pécherot
(Folio Policier n° 405)



Livre_LesbrouillardsdelaButte.jpg"La guerre. Je n'étais qu'un mouflet, mais j'en avais tant vu de ces pauvres bougres, esquintés, amputés. Des milliers de bricolés, harnachés d'attelles, de crochets, de pilons. Des gueules cassées qui vous glaçaient le sang et de pauvres tubards qui crachaient leurs poumons rongés à l'hypérite. Huit ans après, on essayait toujours d'oublier, à coups de confettis et de yop là boum ! Rien à faire."

En 1926, les stigmates de la Grande Guerre sont encore bien présents dans le
quotidien de chacun. Et la vie est dure pour tout le petit monde. Dont Pipette. Monté de son Midi natal à Montmartre, haut lieu de la bohème parisienne et de la pauvreté ambiante. Persuadé de son talent méconnu de poète maudit, Pipette déclame ses vers dans un Caf'Conc' du coin, la Vache Enragée. Tout un programme. Mais les vers ne remplissent pas l'estomac de son homme. Aussi, Pipette vit d'expédients, de petits boulots à gauche et à droite. Quand il n'est pas rimailleur à la Vache Enragée, il est laveur de bouteilles chez Felix Potin ou écrit pour une feuille de chou, Le Cri de Paris. Plus proche de la feuille à scandales que du journal d'informations. "Je n'étais pas spécialement fier d'y collaborer mais faut bien becqueter. Mon job consistait à tirer quelques strophes bien senties de ce quePatrickPecherot.jpg ramenaient les chiens de chasse de Meunier, pour la plupart incapables d'écrire quoi que ce soit".

Pipette s'est aussi lié avec une bande d'illégalistes qui ne
pillent pas les riches, mais redistribuent équitablement les richesses à leur profit personnel. Un vrai trio de Pieds Nickelés cette bande, composée de Raymond, Cottet et Leboeuf. Dans cette fumeuse équipe, c'est Leboeuf qui transbahute les coffres-forts des propriétaires allégés de leurs fortunes personnelles par nos quatre  monte-en-l'air. "Faut dire que dans le civil, il était lutteur de foire. En maillot moulant, il paradait à l'entrée des baraques foraines, de Neuneu à la Nation".

 Aussi, un soir de banale cambriole qui aurait dû se solder par un partage en règle des bénéfices dudit butin, nos quatre détrousseurs sont-ils médusés par leur découverte. Un macchabée dans le coffre-fort du comte détroussé par nos loufiats. Cela ressemble à si méprendre à un vulgaire assassinat dans les beaux quartiers de Paris. Ce qu'ils ne savent pas encore, c'est que ce cadavre aussi raide que la justice vient de signer le début des ennuis pour nos quatre anarchistes. Mais qui cela peut-il bien être ? C'est finalement Pipette qui LaVacheEnragee.jpgréussira à mettre un nom sur ce mort bien encombrant. C'est Rouleau, vaguement aperçu au Cri de Paris. "Le gars refroidi, lui, était polyvalent. Filochard, guette-au-trou et scribouillard. Au journal, il ne faisait le plus souvent que passer livrer ses pamphlets cent pour cent pur fiel".

Que pouvait bien faire ce Rouleau dans le coffre-fort du comte de Klercq, connu dans les milieux d'affaires et financiers, propriétaire de chevaux de course, marié à une riche héritière, si ce n'est pour une grossière affaire de chantage ? Mais surtout, que faire du cadavre de Rouleau - et du coffre-fort lui servant de cercueil - alors que personne ne les réclame, le comte encore moins que quiconque ? D'un commun accord, ils décident de continuer le travail commencé par Rouleau est de faire chanter le comte de Klercq.

Ce doux rêve d'argent facilement gagner est très vite interrompu. En effet, le comte de Klercq se tuera - accidentellement - en nettoyant son arme de poing. Pas de problème ; nos racketteurs vont se rabattre sur la veuve éplorée du comte, compte tenu du triste état de celui-ci. Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'ils viennent de mettre les doigts dans une sordide
affaire de gros sous qui les dépassent largement.saccovanzetti.jpg L'expérience leur apprendra à se méfier - à tort ou à raison - de son prochain.

"Les brouillards de la Butte" de Patrick Pécherot est une promenade dans ce Paris de l'entre-deux-guerres, celui des ouvriers, des gagne-petits, des anars, des Caf'Conc', des tripots clandestins, des traumatisés de 1918. On y retrouve cette atmosphère d'enthousiasme derrière des causes justes et perdues d'avance, particulièrement celle de Sacco et Vanzetti ; des rencontres inoubliables avec les surréalistes et André Breton - doux dingue et grand seigneur. On découvre les arcanes de l'Armistice de 1918 et les dessous d'affaires financières véreuses ; ceux qui se sont enrichis des conséquences de cette boucherie ; ceux qui s'enrichiront lors de la prochaine (souvent les mêmes !!!).

C'est un roman policier et populaire, où les méchants ne sont pas si odieux que cela et possèdent même une morale, une éthique et un grand coeur ; où les gentils, les purs, les propres, les beaux, ne le sont pas tant que cela - voire même pas du tout. C'est un roman à lire pour le plaisir de retrouver l'argot des titis parisiens, des apaches, la gouaille des ouvriers. C'est drôle, c'est plein d'humour et de gravité ; c'est engagé. Sans violence gratuite. Ce qui est rare.
Par Nanne
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Lundi 28 janvier 2008
               Le Tableau du Maître flamand -
                   Arturo Perez-Revert - (Livre de poche n° 7625)




Fichier hébergé par Archive-Host.com"La Partie d'échecs, huile sur bois de Pieter Van Huys, 1471. [...]. C'était une scène domestique, peinte avec le réalisme minutieux des Quattrocentistes ; une scène d'intérieur, de celle avec lesquelles les grands maîtres flamands avaient jeté les bases de la peinture moderne, grâce à l'innovation qu'avait constituée à l'époque la peinture à l'huile. Deux chevaliers dans la fleur de l'âge, de noble aspect, assis de part et d'autre d'un échiquier sur lequel se déroulait une partie, constituaient le sujet principal".

Julia, la restauratrice du tableau en question, se dit qu'avec ce chef d'oeuvre authentifié du 15ème Siècle son prix sera élevé lors de sa prochaine vente aux enchères. De plus, l'inscription latine Quis necavit equitum fera encore augmenter le prix des enchères. Les amateurs d'art aiment les enigmes non élucidées. En attendant, la jeune restauratrice est bien décidée à percer le mystère de la phrase secrète, traduite par Qui a tué le chevalier ?.
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C'est Alvaro Ortega, professeur d'histoire de l'art, qui apprend à Julia qui sont les principaux personnages de ce tableau. "Comme Van Huys a peint "La Partie d'échecs" en 1471, il ne peut y avoir aucun doute. Il s'agit de Fernand Altenhoffen, duc d'Ostenbourg, "Ostenburguensis Dux", né en 1435 et mort oui, c'est bien cela, en 1474. Il avait donc trente-cinq ans lorsuq'il a posé pour le peintre". Si pour le premier joueur les choses sont claires, il n'en va pas de même pour l'autre joueur. Il semble être Roger d'Arras, mort en 1469 d'après Hainaut, soit deux avant la création de "La Partie d'échecs". Il était physiquement impossible à Roger d'Arras de poser pour le peintre, puisqu'il était déjà mort à cette époque.

Voilà une deuxième enigme à laquelle Julia va devoir faire face. Pour cela, elle s'adjoint d'aide précieuse de César, son plus vieil ami, son père spirituel, antiquaire dandy de son état. Celui-ci véritable érudit, lui propose une autre version de la phrase cachée. Quis necavit equitem peut aussi se traduire par Qui a pris le cavalier ?, terme utilisé dans le monde des échecs. Pour tenter de résoudre ce qui se cache derrière la partie d'échecs du tableau, César et Julia se rendent au Club Capablanca pour y trouver le meilleur joueur d'échecs. Ce sera Munoz, comptable de son état. A la vue du Van Huys, il leur affirme que ce sont les pièces noires qui viennent de jouer. "Il suffit d'observer la disposition des pièces. Ou les joueurs - Munoz montra Fernand d'Ostenbourg. Celui de gauche, celui qui joue avec les noirs et qui regarde le peintre, ou qui nous regarde nous, est plus détendu - [...]. L'autre, - il montrait Roger d'Arras -, en revanche étudie le coup que vient de jouer son advaire. Vous voyez comme il est concentré ? - Il retourna à son croquis. - De plus, il y a une autre façon de le savoir ; en fait, c'est celle
que nous allons utiliser. L'analyse rétrospective". C'est à ce moment-là qu'une série de meurtres émaille la partie d'échecs qui semble  se continuer par-delà le temps. Le premier mort est Alvaro Ortega, retrouvé dans sa baignoire.

Fichier hébergé par Archive-Host.com Entre-temps, Munoz a refait la partie en cours et s'est heurté à un problème de taille. Il ne s'agit pas d'une partie ordinaire, mais plutôt d'une partie gigogne avec une logique mathématique. Selon lui, le joueur ou celui qui a conçu la partie a une façon bien particulière de jouer aux échecs. "Il avait l'esprit tordu en tout cas ... Tous les bons joueurs sont comme ça, mais celui-ci avait quelque chose de plus : une aptitude particulière à vous mettre sur une fausse piste, à vous tendre toutes sortes de pièges ... Et il y trouvait son plaisir [...] je dirais qu'il avait une façon diabolique de jouer aux échecs". Pour couronner le tout, Munoz est persuadé d'avoir affaire à un homme sûr de lui, agressif et sadique, cruel, aimant le risque, avec une intuition capable de lui permettre d'anticiper sur les coups des adversaires. Mais voilà qu'un deuxième meurtre est commis. C'est l'amie de Julia, Menchu Roch, propriétaire d'une galerie d'art. Parallèlement, le joueur inconnu est probable meurtrier propose de continuer la partie restée en suspens. Il enverra régulièrement des bristols contenant des formules mathématiques permettant de faire avancer les pièces, jusqu'à son terme ultime.

Avec "Le Tableau du Maître flamand" d'Arturo Perez-Reverte j'ai été totalement surprise
Fichier hébergé par Archive-Host.com par le jeu de piste que l'auteur a déroulé dans son livre. Je dois avouer que - jusqu'au bout - j'ai joué la partie d'échecs avec les personnages, tentant de deviner qui pouvait se cacher derrière le joueur / tueur inconnu, et ce qui motivait son comportement. Dès les premières pages on est capté, obnibulé par cette partie d'échecs presque magnétique. L'histoire de l'art, les mathématiques, la logique des échecs s'allient pour un jeu endiablé. C'est très bon, mais j'ai regretté que l'histoire de l'art disparaisse très vite au profit des échecs.
Par Nanne
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Mercredi 12 décembre 2007

           Isaac le mytérieux - Jerome Charyn 
               (Série Noire)





"Il y avait une fois un vieil homme avec un ver dans le ventre. Le ver aimait grignoter. Le vieil homme devait s'empoigner comme s'il voulait s'arracher les entrailles. Il vivait dans un répugnant hôtel de la Quarante-septième Rue Ouest. L'hôtel n'avait même pas de nom. A deux pas de l'Allée Réservée. Les maquereaux l'évitaient, le vieux". Cette vieille loque que tout le monde évite comme la peste, même les policiers du Bronx, qui traîne son ténia depuis sa fréquentation d'une famille sud-américaine de pick-pockets retardés, n'est autre qu'Isaac Sidel, dit le pur ou le brave, adjoint du chef de la police de New York. Il aime particulièrement travailler dans l'ombre, passant son temps à disparaître et à se déguiser. Personne ne sait jamais où il est passé, sur quelle enquête il se trouve. Pour le moment, il a investi le milieu du proxénétisme. C'est la raison pour laquelle il est déguisé en clochard dépenaillé. Avec son accoutrement, il peut approcher et rassurer les prostituées - noires et blanches - qui se confient à lui.

Au coin du building du New York Times, Isaac le clochard tombe sur une reine de beauté, prostituée blanche arpentant le macadam, superbe, plus proche de la poule de luxe que de la fille des rues. Mais, horreur !! Son profil est tailladé, marqué comme le bétail. "Et puis le vieil homme avait aperçu l'autre côté du visage. Il était tailladé, méchamment tailladé. Elle avait une marque, une jointure semblait-il, on aurait dit qu'elle avait écopé d'un coup de poing, un coup de métal. Il regarda de plus près. On lui avait greffé sur la figure la lettre "D". Seigneur. Une lettre écarlate sur la Quarante-troisième rue". Le sceau du "D" le fait bondir. Qui a pu massacrer une telle beauté et poser son initiale - indélébile - sur la joue d'Annie Powell ? Peu de macs sont capables de sculpter un tel monogramme. C'est un vieux rite du Bronx sur les filles, pour montrer sa propriété privée. Qu'elles soient belles, coriaces, récalcitrantes, elles ne possèdent aucune indépendance. "Elles étaient votre propriété, comme un pic à glace ou un pigeon domestique. Et quand une fille vous "blessait", quand elle provoquait votre jalousie, quand elle vous faisait honte aux yeux de la bande, vous preniez votre couteau pour lui montrer et montrer à tous les limites de la propriété et de l'indépendance".


C'est par Martin McBride, dit Martin l'encaisseur, qu'Isaac apprend qui est le protecteur d'Annie. C'est Dermott Bride, l'un de ses nombreux neveux évoluant dans le milieu. Martin encaisse l'argent, lui tient les comptes. Il faut dire que le Roi Dermott est un personnage un peu discret dans Times Square. En fait, on ne le voit jamais nulle part. Mais Isaac Sidel appartient à la catégorie tenace, acharné, obstiné. Il souhaite parler à Dermott de leur armie commune. Pour cela, direction Dublin pour le rencontrer. Il tombe sur Marshall Berkowitz, le doyen de Columbia, en pélerinage annuel sur les traces de Joyce et de son "Ulysse". 

C'est son ancien professeur à l'université qui apprend à Isaac que c'est lui-même qui a recommandé le dossier de Dermott Bride pour Columbia. "- Comment est-ce que tu as pu approcher le petit Dermott, Marsh ? - Tu es fou ? C'est toi qui me l'as présenté. - C'est moi qui t'ai amené Dermott ? fit Isaac. - Il n'aurait pas pu entrer à Columbia sans son aval [...]. Son dossier était assez moche. Mais tu étais si chaud. Et tu avais raison ... Jamais rencontré un garçon qui pouvait plonger comme lui dans "Ulysse". Dermott avait un don. Mais c'est un Irlandais. Et un millionnaire, aujourd'hui". Isaac tentera bien d'approcher le Roi Dermott, à Dublin. Au seul nom d'Annie Powell aux gardes du corps de Dermott, ceux-ci lui promettent "de lui décrocher de grandioses funérailles irlandaises". 

Lorsque Isaac revient à New York, beaucoup d'événements se sont produits, que ce soit sur les trottoirs du Bronx, ou dans les milieux de la  police ou des politiciens locaux. De meurtres en suicides maquillés, de guet-apens en enlèvements, se révélera un monde sournois, glauque, clandestin, certainement plus dangereux que le milieu du proxénétisme. Grâce au procureur Mangen - autre grand lecteur de Joyce et de son "Ulysse", Isaac comprendra qui tire les ficelles de l'économie de la prostitution et de son contrôle de New York.
 
Peu habituée aux romans policiers, j'avais toujours à l'esprit des romans violents, durs, macabres, noirs. Depuis que j'ai découvert ce style, c'est un peu comme une révélation. Avec "Isaac le mystérieux", j'avais des appréhensions, parce que l'auteur étant américain, leurs romans policiers ne sont généralement pas réputés pour faire dans la psychologie, l'analyse et la réflexion, contrairement aux romans policiers anglais. Je dois avouer être - une fois de plus - passée à côté. Je le regrette pas. "Isaac le mystérieux" est construit sous forme de poupées gigognes. En s'enfonçant dans l'histoire, on découvre toujours un peu plus sur le monde des tripots clandestins, des bandes de quartier, de l'imbrication entre les membres influents de la police et les chefs de gang. De plus, c'est drôle avec des dialogues percutants et impertinents. Un bon moment de détente avec un dose de suspense à passer avec Isaac et son ver.

 

Par Nanne
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