J'ai l'ai déjà écrit, mais je récidive une fois encore. J'admire toutes ces femmes - les connues et les inconnues - qui se sont battues
sur tous les fronts pour s'imposer en tant que personne à part entière, indépendante, qui ont prouvé qu'elles savaient faire aussi bien que les hommes, qu'elles étaient leurs égales.
Certaines ont souvent payé cher leurs engagements politiques, sociaux, moraux ou religieux, parfois de leur vie.Parmi ces femmes, une dont je souhaiterais vous entretenir a été tout à la fois militante communiste, reporter-photographe, résistante de déportée, témoin au procès de Nuremberg en 1946, élue parlementaire dès 1946, enfin vice-présidente - par deux fois - de l'Assemblée Nationale et commandeur de la Légion d'Honneur en 1995. Et comme toujours, rien ou presque ne prédestinait Marie-Claude Vaillant Couturier à devenir cette femme engagée sur tous les fronts et dans toutes les grandes causes de son époque.
Née Vogel, son père - Lucien Vogel - est un éditeur, pas des moindres, puisqu'il est le créateur du journal Vu en 1928. Ce magazine sera le premier au monde à donner une large place à l'illustration. Sa mère - Cosette de Brunhoff - n'est autre que la soeur de l'inventeur de Babar. Elle est chroniqueuse de mode. Il était donc naturel qu'elle devienne reporter-photographe à une époque où cette profession se désignait au masculin.
Surnommée la dame au Rolleiflex par l'équipe de
Vu, elle est désignée pour réaliser un reportage sur la montée du nazisme en Allemagne en 1933. Marie-Claude réalise clandestinement des clichés sur les premiers camps de
concentration du nouveau régime - Oranienburg et Dachau - où sont enfermés les opposants. De ce reportage, il ne restera que quelques photos éparses ; les nazis ayant détruit ses archives
pendant la guerre. De même, Marie-Claude Vaillant Couturier effectuera quelques reportages pour le magazine Regards, dont un sur les Brigades Internationales.En 1934, elle adhère à la Jeunesse Communiste et fondera - en 1936 - les Jeunes Filles de France avec d'autres militantes, dont Danielle Casanova. 1934 est aussi la rencontre avec celui dont elle portera toujours le nom, Paul Vaillant Couturier. Fondateur de l'Association Républicaine des Anciens Combattants, député communiste, rédacteur en chef de l'Humanité, artiste,
écrivain, poète qui disparaîtra subitement et précocement en 1937. Marie-Claude Vaillant Couturier prendra alors la
responsabilité du service photo de l'Humanité.1939 arrive et le gouvernement français contraint le parti communiste à la clandestinité et à l'interdiction du journal. Qu'à cela ne tienne, Marie-Claude Vaillant Couturier change d'activités. Elle sera chargée de la solidarité aux familles de prisonniers. Immédiatement engagée dans la Résistance, elle participe à des publications clandestines : tracts, pamphlets, parution de l'Humanité clandestine. Mais elle ne se contente pas que cela en assurant la liaison entre le Comité des Intellectuels du Front National de lutte pour l'Indépendance de la France et les Francs Tireurs et Partisans de France (FTPF). Elle ira jusqu'à transporter des explosifs.
Comme tous ces hommes et ces femmes passionnés et engagés dans des causes justes mais
traqués, Marie-Claude Vaillant
Couturier sera arrêtée le 9 février 1942, lors d'une rafle contre le parti communiste clandestin. Les
compagnons arrêtés avec elle seront fusillés par les nazis. Elle restera cinq mois au secret à la prison de la
Santé, avant d'être transférée au Fort de Romainville, jusqu'à son départ en
déportation, le 24 janvier 1943.Marie-Claude Vaillant Couturier et ses compagne de souffrances, de douleurs, de malheurs - dont Danielle Casanova - feront partie du convoi des 31 000. Singulier et atypique, ce convoi sera le premier composé de femmes déportées politiques, résistantes et non-juives, envoyées à Birkenau. Elles seront 230 détenues à entonner La Marseillaise en entrant dans le camp. Elle y restera dix-huit mois, témoin oculaire du génocide des Juifs et des Tziganes. Elle pparticipera au comité clandestin international de la résistance du camp. En août 1944, elle est transférée à Ravensbrück. Ce camp sera libéré le 30 avril 1945 par l'Armée Rouge. Marie-Claude Vaillant Couturier ne rentrera en France que le 25 juin 1945, préférant se consacrer à ses camarades malades, affaiblis, en attente de rapatriement.
Toujours, Marie-Claude Vaillant Couturier sera celle qui soutient, encourage, aide, maintient
l'espoir en la victoire finale. Et
ce, dans chaque camp. Pour maintenir le moral des déportées, elle diffusait les informations recueillies auprès de celles travaillant pour l'administration des camps.
Ainsi, elles apprendront le jour même le débarquement en Normandie, et - plus tard - la libération de Paris.Revenue en France, Marie-CLaude Vaillant Couturier n'arrête pas pour autant son combat. Elle est élue en 1946 députée de la Seine et siège à l'Assemblée Consultative Provisoire. La même année, se tient le procès de Nuremberg. Son témoignage restera dans l'histoire pour sa sobriété. Elle sera la porte-parole du calvaire de tous les déportés. Néanmoins, elle reviendra de ce procès insatisfaite par l'absence des dirigeants de Krupp, Siemens, IG Farben sur le banc des accusés. Toujours en 1946, elle défendra - devant l'Assemblée Nationale - la notion d'imprescriptibilité de crimes contre l'Humanité, ouvrant la voie à la ratification de la Convention de l'ONU sur ce thème en 1964.
Tout au long de sa mandature législative, Marie-Claude Vaillant Couturier proposera des lois sur la majorité électorale à 18 ans, sur l'égalité des salaires entre hommes et femmes, ou encore pour alléger les procédures d'adoption. Elle n'aura de cesse de défendre la cause des handicapés, des drogués, des familles en difficulté.
Geneviève Anthonioz De Gaulle - autre déportée de Ravensbrück - dira d'elle "Je connais peu de femmes aussi courageuses que Marie-Claude, qui a toujours donné le sentiment que sa propre vie n'était rien sinon d'être au service de ses camarades". Cette phrase résume, à elle seule, ce qu'a pu être la vie et l'engagement de Marie-Claude Vaillant Couturier.
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Pour la première fois que
j'écris des "Petites notes sur ...", je vous propose un portrait ... de femme. Vous aimez la photo, l'art, la mode et l'histoire. Alors, bienvenue dans les mille vies de Lee Miller.
Comme on dit des chats qu'ils possèdent sept vies, Lee Miller a été tour à tour mannequin pour les plus grands couturiers, égérie des grands portraitistes photographes, apprentie photographe et
maîtresse de Man Ray - alors maître incontesté de la photo surréaliste - correspondante de guerre accréditée par l'armée américaine. C'est elle qui se fera photographier dans la baignoire
personnelle d'Hitler, y prenant un bain. Le tout en restant féminine jusqu'au bout des ongles !!
mode pour
Schiparelli, Patou ou Chanel. Elle posera pour les plus grands photographes portraitistes de l'époque, qui se bousculent pour cadrer son parfait minois et son regard rêveur. Elle pose pour Horst
P. Horst, George Hoyningen-Henne et Edward Steichen. Lee Miller dira d'elle, un jour : "J'étais vraiment terriblement, terriblement jolie, je ressemblais à un ange, mais au fond de moi,
j'étais un démon". En 1928, elle sera la première à casser un tabou - de taille - en étant le premier modèle pour une publicité sur ... l'hygiène féminine.
Diaghilev. En 1931, elle participe à l'exposition "La publicité par la photographie"
à la galerie d'Art Contemporain. La même année, elle incarne la statue parlante dans le film de Jean Cocteau, "Le sang d'un poète".
dans les combats de Normandie jusqu'au
nid d'aigle en Allemagne, en passant par les plages d'Omaha au siège de Saint-Malo. Elle participera à la libération de Paris, aux combats en Alsace, à la jonction des armées américaines et
soviétiques à Torgau, à la libération des camps de Dachau et de Buchenwald. Jusqu'en 1946, Lee Miller témoignera de la reconstruction de l'Europe de l'Est. Bloquée à Vienne, elle rencontre
Nijinski et la cantatrice Ingard Seefried qui lui fait visiter l'opéra en ruine.
Je vous ai déjà dit toute la passion que
j'éprouve pour l'Allemagne et sa culture, son histoire et ses artistes. Dernièrement, pour ma liste ABC, j'ai acheté un livre d'Erich Maria Remarque - "L'Obélisque noire" - dont la
couverture était ornée d'un dessin de George Grosz : Dehors et Dedans. Vous allez encore vous demander quel est cet artiste dont je vais vous parler !! Quasiment inconnu, ou presque. Pas
si sûr. Je suis même sûre que vous connaissez un certain nombre de ses peintures, tellement caractéristiques de son style au graphisme heurté, violent, caricatural, cruel et cynique et qui
illustrent dossiers et documents traitant de l'histoire de l'Allemagne de 1918 à 1933.
thème pour croquer ses
contemporains. Bien qu'il semble manifester une sympathie pour le milieu ouvrier et les chômeurs - ayant renié son milieu et la religion - il est plus attiré par la littérature et sa rebellion
interieure.
En 1918, l'union des artistes du Novembergruppe se créé à Berlin,
influencée par la révolution d'octobre en Russie. George Grosz y adhère et défend la révolution soviétique. La même année, il devient membre du KPD - le parti communiste allemand. L'écrasement
des mouvements spartakistes et des Conseils de Bavière par les sociaux-démocrates, aidés de l'armée et des corps francs, radicalisera davantage ses dessins. Cela lui vaudra de nombreux démêlés
avec la justice, pour insultes envers l'armée impériale avec un recueil "Gott mitt uns" en 1921, pour outrage aux bonnes moeurs et trouble à l'ordre public avec "Ecce Homo", où
il décrivait la vie privée de la bourgeoisie.
Propagandada lors d'un meeting
Dada. En 1920, il organise avec John Heartfield la première Foire Internationale Dada. 174 oeuvres sont présentées. Max Ernst et Otto Dix y exposent leurs oeuvres. La galerie sera
fermée par la police et condamné à une forte amende.
crucifié avec un masque à gaz et des bottes militaires. La légende disait "Ferme-la et continue à
servir".
de collages grotesques sous le titre "Cookery
School", dans lequel il fustige la société de consommation américaine. Cette oeuvre est une anticipation du Pop'Art. La même année, il est nommé membre de l'Académie des Beaux-Arts de Berlin
Ouest. Il décide de revenir définitivement en Allemagne en 1959. Il y décède la même année.
Je me dois de vous faire un aveu : j'apprécie la littérature érotique. J'en vois que cela risque de heurter, de choquer, de gêner, de déranger. Il n'empêche, je l'assume. Mais
rassurez-vous, je ne vais pas transformer mon blog sur les livres en blog pour adultes avertis. Encore que cela aurait le mérite de doper le BR de celui-ci. Non, cela ne m'intéresse pas. Ce qui
m'attire le plus dans cette littérature particulière est ... le charme et la sensualité qui se dégagent de certaines oeuvres érotiques. Le style d'écriture, les mots utilisés, les métaphores
employées pour décrire des situations amoureuses peuvent être très poétiques, et ouvrir aux lecteurs des horizons oniriques infinis.
Gide, qui deviendra l'un de ses amis. Très tôt attiré par le monde des lettres, il commence
à rédiger ses premiers textes érotiques à 18 ans. Dans le même temps, il se lie au mouvement littéraire du Parnasse, dont il fréquente les poètes emblématiques : Leconte de Lisle et
José-Maria de Hérédia, dont il épousera la cadette - Louise - à 19 ans. Par la suite, il évoluera vers l'école symobliste. Ces deux mouvements lui donneront le goût de la sensualité
païenne et celui de la beauté.
En 1898, il rédige "La
femme et le pantin" qui se situe à l'époque contemporaine. C'est sans doute le chef d'oeuvre et le roman le plus connu de Pierre Louÿs. Il a pour cadre l'Espagne et le thème en est l'amour
sensuel. Roman à très forte intensité dramatique, il y met en scène une femme fatale et décrit les ravages de la passion sur un homme. L'écriture en est dépouillée, avec une atmosphère complexe
et tortueuse. En voulant libérer le corps par une sensualité détachée de sentimentalisme, Pierre Louÿs adopte une attitude de moraliste. Ce roman inspirera deux réalisateurs, et non des moindres
: Joseph Von Sternberg qui tournera en 1935 "The Devil is a woman" avec Marlene Dietrich, ainsi que Luis Bunuel avec "Cet obscur objet du désir" en 1977, joué par Carole
Bouquet.
souvent ironiques, reprennent sous une
forme coquine, des oeuvres sérieuses.
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