Le monstre du Devonshire

Publié le par Nanne

    Le chien des Baskerville - Arthur Conan Doyle
      (Press Pocket)

Lorsque le docteur Mortimer rend visite à Sherlock Holmes - 221b Baker Street - ce dernier est bien loin de se douter de l'objet de sa venue. En effet, tous deux sont des personnes pour le moins rationnels et cartésiens, les empêchant de croire à l'irrationnel, à l'ésotérique, au surnaturel. Et pourtant. L'histoire du docteur Mortimer est plus proche du mythe du loup-garou que d'un meurtre banal. Son meilleur ami, Sir Charles Baskerville est subitement et tragiquement décédé suite à une affaire extraordinaire. Si le corps découvert par le docteur ne portait aucune trace de coups, son visage avait été terriblement déformé par la frayeur. Comme si Sir Charles avait vu un monstre terrifiant.

Car dans la famille des Baskerville - comme dans toutes grandes familles britanniques qui se respectent - court une légende, horrible et affreuse. Sir Charles était convaincu qu'une malédiction tragique s'attachait à sa famille. " [...] certes, les détails qu'il ma fournis sur ses ancêtres n'avaient rien d'encourageant. L'idée d'une présence fantomatique le hantait". Le soir de sa mort, le docteur Mortimer a trouvé les empreintes d'un animal gigantesque - qui n'avait rien de commun avec une espèce connue - autour du corps de Sir Charles. Et puis, il y a toutes ces personnes vivant autour des marais de la lande de Grimpen, dans le Devonshire, qui ont signalé la présence d'une bête qui pourrait s'apparenter au démon de Baskerville. Tous le décrivent comme énorme, phosphorescent, fantomatique, horrible. "J'ai soumis ces témoins à une sorte d'interrogatoire contradictoire : l'un est un paysan têtu, l'autre un maréchal-ferrant, le troisième un fermier ; tous trois ont été formels : ils m'ont raconté la même histoire d'apparition, et le signalement de cet animal monstrueux correspond point par point à celui du chien diabolique". Cela intrigue au plus haut point Sherlock Holmes, pour qui aucun meurtre ne trouve de solution.

Le neveu de Sir Charles - héritier du sinistre manoir de Baskerville - Sir Henry débarque donc de son Canada pour prendre possession de son bien. A peine arrivé à Londres, il reçoit une lettre anonyme, contenant une phrase on ne peut plus sibylline, "Si vous tenez à votre vie et à votre raison, éloignez-vous de la lande". Holmes, occupé sur d'autres affaires à Londres, demande à Sir Henry Baskerville de se rendre au manoir. Son ami, le docteur Watson, l'accopagnera pour le protéger.

Au cours d'une promenade dans la lande désolée, le docteur Watson fait la connaissance d'un étrange personnage excentrique, Stapleton, naturaliste de son état. Il vit sur le domaine de Merripit, à l'écart du monde, avec sa superbe soeur, Beryl Stapleton. Notre naturaliste se balade au milieu des marais de la lande, à la recherche de curiosités et autres raretés zoologiques. Lors de leur conversation, le docteur Watson a l'occasion d'entendre des hurlements et gémissements effroyables. "Un long gémissement bas, indiciblement triste, s'éleva de la lande. Il emplit tout l'air. Et pourtant il me fut impossible de préciser d'où il venait. D'abord murmure lugubre, il s'enfla en un profond meuglement puis retomba en plainte mélancolique, à vibrations sinistres". Selon Stapleton, les paysans du coin racontent que ces cris sont ceux du chien de Baskerville qui réclame sa proie.
 
Il rencontrera l'autre voisin du manoir, M. Frankland, de Lafter Hall. Celui-ci n'a qu'une passion : la loi. Sous toutes ses formes. Il dépense sa fortune en procès de toutes sortes, par simple plaisir de la chicane. Sa connaissance approfondie du droit ancien seigneurial et communal lui permet de l'appliquer soit en faveur des villageois, soit en leur défaveur. Cela ne lui vaut pas que des amis !! Mais surtout, M. Frankland est curieux de nature. Avec sa longue-vue, il scrute la lande à la tombée de la nuit et a remarqué qu'un inconnu vivait caché dans les cabanes préhistoriques de la lande. Un vrai repère pour bandit en cavale, ce lieu. Le docteur Watson est fermement décidé à savoir qui peut être cet homme. Est-il un ami ? Un ennemi ? Quelle sera sa surprise de découvrir ... Sherlock Holmes dans la peau de cet inconnu. 


Au cours de leur discussion, Holmes avoue à son ami que "C'est une affaire de meurtre : de meurtre raffiné, exécuté de sang-froid, délibéré". Qui peut bien en vouloir aux héritiers des Baskerville, vieille famille d'Angleterre, et pour quelles raisons ? Pour le savoir, il vous faudra lire la suite du "Chien des Baskerville".

Roman angoissant, inquiétant, terrifiant par bien des aspects, mais au combien captivant que l'on ne lâche plus une fois commencé. "Le chien des Baskerville" de Conan Doyle vous entraîne dans un tourbillon de peurs ancestrales et d'histoires anciennes racontées au coin du feu par nos aïeuls. Il entremêle la peur enfantine des loups garous, des monstres et sorcières peuplant nos histoires et notre imaginaire, et notre envie d'adulte de savoir qui est à l'origine de cette affaire machiavélique et infernale. C'est un livre qui se lit d'une traite et se déguste comme on boit un excellent thé. Avec bonheur et délectation !!

 

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******** 12/11/2008 19:28

j'adofre ce livre car on l'étudie en français et on doi le lire (je sui en 5eme) il est trop bien j'adore ! bon salut

malaurie 20/11/2007 13:42

mes premières terreurs littéraires

Nanne 20/11/2007 21:34

Bonsoir et bienvenue sur mon blog de livres et autres petites choses, Malaurie. Je comprends que "Le chien des Baskerville" soit une de tes premières terreurs littéraires. Je reconnais que sa lecture m'a laissé quelques petits moments de belles frayeurs !!! Cela dit, je ne le regrette nullement et je suis prête à recommencer l'expérience o))). A bientôt ici ou là ....

yueyin 29/10/2007 16:38

Le joyau du codex sans aucun doute... j'adore ce chien... j'adore Holmes ! Le film était bien maitrisé (le plus célèbre je ne sais s"'il y en a eu d'autres !) mais celui que j'aimerai voir c'est le hors série BBC avec Jeremy Brett...(merci pour l'illustration :-)) Deppuis que je colelctionne cette série, je suis fasciné par la plasticité avec laquelle il s'est fondu dans le personnage... génial c'est tout lui !!!!Sinon Holmes ne touchait pas à l'Opium (il le dit dans l'homme à la lèvre tordue) il lui préférait des injections de cocaïne ... (pas politique correct ces temps-ci)http://lireouimaisquoi.over-blog.com/article-5743630.html (ma critique du Chien ;-)

Nanne 29/10/2007 18:00

On a la même passion pour ce chien infernal et terrifiant ... Je n'ai jamais voulu voir le film, par peur o))) Je ne suis pas très courageuse !!! Par contre, il faut que tu commandes au Père Noël (c'est pour bientôt !!) un coffret de Sherlock Holmes avec Jérémy Brett. C'est sans doute une des meilleures interprétations que j'ai eu l'occasion de voir. c'était un très grand comédien anglais, mort trop tôt ... Je suis fan de cette série (il y a 3 coffrets DVD, je crois). Merci pour ce détail - d'importance - j'ai toujours confondu l'opium et la cocaïne !!! Vise le niveau de la fille o)))

lamousme 27/10/2007 23:22

arfffff tu parles d'un maître là!!!! :o))))

Nanne 28/10/2007 07:55

Mais bien sûr, Lamousme, et j'assume mes lectures, classiques et sans risque o))) Je sais que tout le monde - ou presque - a lu au moins un Sherlock Holmes dans sa vie de lecteur .... particulièrement "Le chien des Baskerville". Donc, tranquille, pépère, je me la coule douce. Je suis sûre de ne pas surprendre .... Cela fait du bien de temps en temps o))

marie 25/10/2007 21:20

Inégalable, Sherlock Holmes !  Je l'ai redécouvert avec l'édition bilingue chez Omnibus...  Je trouve que c'est une bonne lecture pour les journées d'automne un peu embrumées qui s'accordent bien avec une certaine atmosphère anglaise et la tasse de thé... Bravo pour tes illustrations !

Nanne 28/10/2007 07:44

Je suis tout à fait d'accord avec toi, Marie, Sherlock Holmes est inégalable et se lit très bien en cette période de l'année, avec brumes et brouillard pour rendre l'atmosphère un peu plus glauque, étrange, bizarre ... Sans oublier l'incontournable tasse de thé !!! J'oublierai par contre l'opium, dont Sherlock Holmes faisait grand usage dans ses moments de solitude o))) Merci pour les illustrations.